jeudi 21 mars 2013

JOUR 88 : LA MÉMOIRE COURTE

Millionnaires malgré nous, nous nous retrouvons à retirer par tranche de deux millions de Kip Lao, ce qui ne représente que 250$. Quand vient alors le temps de payer une pomme 3000 Kip, ca fait quelque peu mal au cœur, simplement à cause de tous ces zéros qui s’alignent, on devient grippe sous malgré nous et ce, pour quelques milliers de kip mais finalement on argumente que pour quelques sous, c’est ridicule!

Nous sommes donc entrés au Laos par un train de nuit entre Bangkok et Vientiane au Laos. C’est tellement une belle expérience à vivre. Nous sommes montés à bord vers 20h, billets de 2e classe pour environ 25$, wagon climatisé et couchette pour arriver à la frontière vers 10 heure du matin. Les sacs remplis de bière et de victuailles pour passer la nuit, nos sièges ont été transformés en couchettes à 2 étages, un simple rideau pour séparer du reste des voyageurs, aucune cabine personnelle, nos sacs à dos à nos pieds. Évier et toilettes non loin de nos lits, j’ai eu toute une surprise quand j’ai réalisé que ce que j’évacuais dans les toilettes tombait DIRECTEMENT sur la voie ferrée! Hahaha! Alors que c’était la nuit on ne s’en rend pas compte mais une fois le jour levé, ça défilait sous nos yeux! Le fleuve mythique Mékong est bien sec à ce temps-ci de l’année, on pourrait traverser à pieds vers la Thailande qui est sur l’autre rive (un peu comme les touristes mal informés au Château Frontenac qui nous demandent si Lévis est en fait les USA…?!?
Nous avons rencontré deux québécois, qui ont ouvert leur resto à Vientiane il y a 14 ans! Une superbe 3e entrevue avec des amis d’enfance à la sœur de David, comme quoi ça clique entre bleus! J’en ai aussi profité pour cocher sur ma « bucket list » : Faire une balade à vélo (avec panier, clochette, vitesse simple) sur les rives du Mekong au coucher du Soleil (aveuglément orange brulant, dans l’humidité de Vientiane)! La vie est belle, je me serais crue dans les années 1990 de ce pays, de jolies femmes en vélo, ombrelle à la main et portant le sinh (cette longue jupe élégante faite de soie colorée, que j’ai d’ailleurs reçu en cadeau de Paule il y a environ 20ans!). Moment mémorable. Marcher tranquillement dans une ville étrangère et faire le tour des différents marchés et monuments est un des mes plaisirs simple de voyage. On apprend à connaître les rues, les quartiers, les boui-bouis dignes d’une seconde visite ou ceux à éviter à tout jamais, les chiens tannants qui errent à perpétuité, les mêmes femmes quêtant avec leurs enfants nuit après nuit, le vaillant marchant de fruits et légumes ne faisant pratiquement aucun profit sur la marchandise, les  vendeurs de cossins devant déballer et remballer la marchandise matin et soir, bref la vie n’est qu’une histoire de routine, peu importe ou nous sommes. Les villages traversés à vélo sur des routes de terres nous ont rappelés que le Laos est un pays pauvre, très pauvre. Dès que nous sortons des « villes », ou dirais-je, des villages principaux, les demeures de bois et de paille (et parfois de tôle) sur pilotis ne sont pas plus luxueuses que les abris de chasse à côté du bloc de sel que les chevreuils vont lècher au printemps…

Nous sommes [trop] rapidement montés vers le nord en passant par les lagons bleus d’eau douce en bordure de Vang Vieng et Luang Prabang qui m’ont permis d’assouvir mes envies tarzanèsques encore une fois. Les routes ultra sinueuses et ultra étroites sont disons peu agréables en mini-van non-climatisée mais créées certes des rapprochements! La ville de Luang Prabang faisant partie du Patrimoine Mondial UNESCO nous a donné une idée incroyable à David et moi sur un projet futur un brin fou disons-le. Je garde motus et bouche cousue (maudit c’est agace ça) car ce n’est qu’évasion de notre intellect mais ça a rapport avec un liquide précieux, de la vitamine D et du bonheur pour les 0.7 à 77 ans (et j’en passe…)!!
À suivre…

Malgré que le Laos est (jusqu’à présent) mon 2e pays favoris de l’Asie après Bali (Indonésie), David avait donc hâte de retourner en Thailande en entrant par avion à Chiang Mai, au nord du pays, là ou je commence un cours de massage Thai de 90 heures. Au retour j’ouvrirai mon salon clandestin. Lire : Je me déplacerai pour mes amis qui voudront tenter l’expérience! Premier manifesté premier massé! Quand je serai si populaire, alors je chargerai, autrement j’accepterai les pots et/ou bouteilles de vin!

Cela signifie, que David et moi serons séparés pour la première fois depuis les 3 derniers mois alors que nous avons passés 24/7 pendant 92 jours, car il redescendra vers Bangkok pour tourner la 4e entrevue avec ses nouveaux « camera buddys », Jean-François Rajotte et Philippe Tétu. Je ne sais pas comment nous allons survivre à la distance durant 2 semaines Aaaaaaaaaah !!!!!

Je dois avouer que David n’a pas tort d’aimer autant ce pays. L’accueil au nord est différent et plus chaleureux. Et je dois aussi avouer être complètement dingue de la bouffe de rue jour et nuit, des herbes fraiches, des soupes, de la salade de papaye verte, des sucreries complètements farfelues à la noix de coco, des fruits frais préparés entre deux tuk tuk diesel, c’est tellement plus goûteux! Mais personne ici n’est surpris de cet aveux j’en suis consciente;) On a encore une fois rien saisi au Québette car on préfère le goût de Tiiim Hooorton (on exclu la personne qui parle).

J’ai du abaisser mon niveau d’anglais pour être mieux compris par les Thais, car mieux tu parles, moins tu es compris. Alors on y va pour des phrases niveau primaire, toujours au temps présent, toujours au singulier, en ne donnant jamais de choix de réponse, en gesticulant allègrement et en montrant le plus d’image possible. Un thai répondrait en hochant exagérément de la tête : « yes yes » ou « kah kah » à  tout ce qu’on lui dira qu’il ne comprend pas réellement, plutôt que répondre qu’il ne le sait pas. Pour l’heure je garde le reste pour un autre post. Je commence à recevoir des courriels inquiets du manque de constance sur le blogue. A+ tout le monde!

Lo