Nous sommes donc entrés au Laos par un train
de nuit entre Bangkok et Vientiane au Laos. C’est tellement une belle
expérience à vivre. Nous sommes montés à bord vers 20h, billets de 2e
classe pour environ 25$, wagon climatisé et couchette pour arriver à la
frontière vers 10 heure du matin. Les sacs remplis de bière et de victuailles
pour passer la nuit, nos sièges ont été transformés en couchettes à 2 étages,
un simple rideau pour séparer du reste des voyageurs, aucune cabine
personnelle, nos sacs à dos à nos pieds. Évier et toilettes non loin de nos lits, j’ai
eu toute une surprise quand j’ai réalisé que ce que j’évacuais dans les
toilettes tombait DIRECTEMENT sur la voie ferrée! Hahaha! Alors que c’était la
nuit on ne s’en rend pas compte mais une fois le jour levé, ça défilait sous
nos yeux! Le fleuve mythique Mékong est bien sec à ce temps-ci de l’année, on
pourrait traverser à pieds vers la Thailande qui est sur l’autre rive (un peu
comme les touristes mal informés au Château Frontenac qui nous demandent si
Lévis est en fait les USA…?!?
Nous avons rencontré deux québécois, qui ont
ouvert leur resto à Vientiane il y a 14 ans! Une superbe 3e entrevue
avec des amis d’enfance à la sœur de David, comme quoi ça clique entre bleus! J’en
ai aussi profité pour cocher sur ma « bucket list » : Faire une balade à vélo (avec panier, clochette, vitesse simple)
sur les rives du Mekong au coucher du Soleil (aveuglément orange brulant, dans
l’humidité de Vientiane)! La vie est belle, je me serais crue dans les années
1990 de ce pays, de jolies femmes en vélo, ombrelle à la main et portant le sinh
(cette longue jupe élégante faite de soie colorée, que j’ai d’ailleurs reçu en
cadeau de Paule il y a environ 20ans!). Moment mémorable. Marcher
tranquillement dans une ville étrangère et faire le tour des différents marchés
et monuments est un des mes plaisirs simple de voyage. On apprend à connaître
les rues, les quartiers, les boui-bouis dignes d’une seconde visite ou ceux à
éviter à tout jamais, les chiens tannants qui errent à perpétuité, les mêmes
femmes quêtant avec leurs enfants nuit après nuit, le vaillant marchant de
fruits et légumes ne faisant pratiquement aucun profit sur la marchandise,
les vendeurs de cossins devant déballer
et remballer la marchandise matin et soir, bref la vie n’est qu’une histoire de
routine, peu importe ou nous sommes. Les villages traversés à vélo sur des
routes de terres nous ont rappelés que le Laos est un pays pauvre, très pauvre.
Dès que nous sortons des « villes », ou dirais-je, des villages
principaux, les demeures de bois et de paille (et parfois de tôle) sur pilotis
ne sont pas plus luxueuses que les abris de chasse à côté du bloc de sel que
les chevreuils vont lècher au printemps…
Nous sommes [trop] rapidement montés vers le nord en passant
par les lagons bleus d’eau douce en bordure de Vang Vieng et Luang Prabang qui m’ont
permis d’assouvir mes envies tarzanèsques encore une fois. Les routes ultra
sinueuses et ultra étroites sont disons peu agréables en mini-van
non-climatisée mais créées certes des rapprochements! La ville de Luang Prabang
faisant partie du Patrimoine Mondial UNESCO nous a donné une idée incroyable à
David et moi sur un projet futur un brin fou disons-le. Je garde motus et
bouche cousue (maudit c’est agace ça) car ce n’est qu’évasion de notre
intellect mais ça a rapport avec un liquide précieux, de la vitamine D et du
bonheur pour les 0.7 à 77 ans (et j’en passe…)!!
À suivre…
Malgré que le Laos est (jusqu’à présent) mon
2e pays favoris de l’Asie après Bali (Indonésie), David avait donc
hâte de retourner en Thailande en entrant par avion à Chiang Mai, au nord du
pays, là ou je commence un cours de massage Thai de 90 heures. Au retour
j’ouvrirai mon salon clandestin. Lire : Je me déplacerai pour mes amis qui
voudront tenter l’expérience! Premier manifesté premier massé! Quand je serai
si populaire, alors je chargerai, autrement j’accepterai les pots et/ou
bouteilles de vin!
Cela signifie, que David et moi serons
séparés pour la première fois depuis les 3 derniers mois alors que nous avons
passés 24/7 pendant 92 jours, car il redescendra vers Bangkok pour tourner la 4e
entrevue avec ses nouveaux « camera buddys », Jean-François Rajotte
et Philippe Tétu. Je ne sais pas comment nous allons survivre à la distance
durant 2 semaines Aaaaaaaaaah !!!!!
Je dois avouer que David n’a pas tort d’aimer
autant ce pays. L’accueil au nord est différent et plus chaleureux. Et je dois
aussi avouer être complètement dingue de la bouffe de rue jour et nuit, des
herbes fraiches, des soupes, de la salade de papaye verte, des sucreries
complètements farfelues à la noix de coco, des fruits frais préparés entre deux
tuk tuk diesel, c’est tellement plus goûteux! Mais personne ici n’est surpris
de cet aveux j’en suis consciente;) On a encore une fois rien saisi au Québette
car on préfère le goût de Tiiim Hooorton
(on exclu la personne qui parle).
J’ai du abaisser mon niveau d’anglais pour
être mieux compris par les Thais, car mieux tu parles, moins tu es compris.
Alors on y va pour des phrases niveau primaire, toujours au temps présent,
toujours au singulier, en ne donnant jamais de choix de réponse, en gesticulant
allègrement et en montrant le plus d’image possible. Un thai répondrait en
hochant exagérément de la tête : « yes yes » ou « kah
kah » à tout ce qu’on lui dira
qu’il ne comprend pas réellement, plutôt que répondre qu’il ne le sait pas.
Pour l’heure je garde le reste pour un autre post. Je commence à recevoir des
courriels inquiets du manque de constance sur le blogue. A+ tout le monde!
Lo