Finalement le Cambodge s’est pas passé comme
on l’avait imaginé. Dans l’autobus qui nous ramenait à Phnom Penh, on reçoit un
texto qui nous dit que Olivier, l’agent immobilier, est à l’hôpital et ne pourras
pas nous rencontrer avant deux jours. Laurence trouve que ça pue. Je lui dis
que nous allons l’attendre car nous comprenons bien la situation. Je vais donc
commencer le tournage sans lui parce que notre avion est prévu dans six jours,
on sera donc un peu plus serré mais ça se peut encore. De retour dans la
capitale, on se rend compte que la bouffe est pas si bonne que cela, hormis les
restaurant ou ça coute plus cher, on se fait harceler dans la rue par des gens
amputé, défiguré, bref, on a bien hâte de quitter cette ville, surtout que
notre spacieuse chambre avec terrasse est limite confortable à cause de la
climatisation déficiente. Je rencontre des gens formidable et des enfants
adorables durant mes balades solitaires avec mon kit caméra à courir au quatre
coins du centre-ville à la recherche d’image pour élaborer les propos d’une
entrevue qui n’a pas encore eu lieu.
On en profite pour faire une visite éclair
chez le dentiste. L’aubaine était alléchante et le résultat était à la hauteur.
Un petit truc comme ça. Si vous voyagez en Asie, profitez-en pour redonner un
nouveau look à votre bouche. Au prix que ça coûte, ce serait con de s’en
passer.
Et puis l’improbable arriva. Le gars nous a
chié dans les mains. Littéralement. Laurence avait eue un pressentiment.
J’avais été trop diplomate. En nous donnant mille conseils sur la façon de
présenter notre projet (c’est le point positif de toute l’histoire, le seul
conseil qu’il ma donné que je vais suivre) le gars ne nous a jamais accordé le
temps nécessaire pour faire une entrevue! Autrement, on a perdu notre temps et
loupé tout le sud pour attendre après un grand parleur qui pense que son temps
est plus précieux que le nôtre. La dernière journée, on s’est payé la piscine
dans un luxueux hôtel. Il a fait chaud au Cambodge et c’était un moyen de
lâcher prise sur la situation. La veille du départ, il nous appelle pour nous
proposer une mini-entrevue. J’ai dis à Laurence que je n’étais pas là, je ne
voulais plus consacrer une minute de plus de mon voyage à ce sinistre individu.
Laurence a décidé de lui dire le fond de sa pensée. Tant mieux. On s’est pris
un verre après en se disant qu’il faudra trouver un plan B au plus vite. Je me
promets de revenir dans ce pays que je n’ai pas vu, le nord, le sud… Tellement
d’image qui ne serviront jamais que ça m’a enragé un moment… Je ne savais
encore que le destin allait s’occuper de nous faire oublier ce clown assez
vite…
Good Morning Vietnam!
Ho Chi Minh est pareille comme je l’ai laissé
il y a deux ans. À part une inflation galopante (25% par année! Tout est plus
cher! Le Vietnam est devenu moins bon marché) et quelques buildings qui ont
poussé, la ville est comme dans mes souvenirs! La différence cette fois, c’est
que j’ai une amie qui m’attend et Laurence a elle aussi un ami qui reste là. I
s’appelle Max et il est amoureux d’un jolie Vietnamienne nommée Titi. Ils sont
charmants et je suis abasourdi de découvrir qu’il vient à peine d’ouvrir sa
propre compagnie de consulting depuis deux mois à peine. Laurence et moi on se regarde
du coin de l’œil avexc un regard complice. Oui ça se pourrait! Il nous invite à
souper chez lui. Notre premier repas depuis des lustres ailleurs qu’au
restaurant. On improvise un souper de pâte fait à partir de rien (Il fait chaud
dans la cuisine!) C’était franchement très bon et bien arrosé avec une
multitude de bouteille de vin. On lui demande ce qu’il pense de notre projet et
si il veut embarquer. Il accepte avec plaisir et se rend disponible du jour au
lendemain pour l’entrevue. On aime!
Il nous présente à la communauté d’expat de
Saigon. C’est vraiment cool comme ambiance. J’en ai profité pour aller me
perdre dans le district 5 pour trouver un gym 100% Viet. La petite madame
voulais pas me laisser rentrer et moi j’ai insister jusqu’à ce qu’un des gars
dans le gym me fassent signe d’entrer sans frais. Pas facile de s’entrainer à
35 degrés pas de ventilateur ni climatisation mais je l’ai fait et c’était bon.
On est allé à la plage (un genre de resort boboche) On a refait une deuxième
entrevue avec Max. Du bon temps tout les quatre ensemble et un tournage assez
relax merci. Nous avons quitté rapidement la ville pour se rendre à Nah Trang
non sans prendre notre dernier repas avec mon amie Uyen! Elle a changée! Elle
est maintenant devenue une jeune femme. Je l’ai connu étant étudiante et
paumée, maintenant elle a son Iphone! Elle gagne mieux sa vie à cause de sa
connaissance de l’anglais et supporte sa famille et ses six frères et sœurs. Je
l’ai invitée à venir au Canada. Elle me dit qu’elle va commencer à ramasser de
l’argent et qu’elle serait heureuse de venir me voir l’an prochain. L’avenir
nous le dira!
Nah Trang
Notre arrivée dans cette destination soleil
pour les russes de tout acabit était appréciée. Après avoir gouté au nightbus
du Vietnam, rien de mieux que d’aller faire un somme dans notre superbe chambre
climatisé. La ville a changé depuis la dernière fois. Il y a maintenant encore
plus d’hôtel et ca continue de construire à un rythme d’enfer. On dirait que la
récession n’a pas main mise ici mais c’est un leurre. Tous ces édifices qui se
construisent restent vides et leur construction ne servent qu’à blanchir de
l’argent sale. Si j’ai des preuves sur
ce que j’avance? Bien sûr que non. J’ai seulement eu une mise à jour accélérée
de l’économie Vietnamienne qui fonce vers un mur de la part de Nicolas
Albherne, propriétaire du Ha Van Hotel et dernier intervenant à être filmé pour
le projet de long métrage sur lequel on travaille depuis quatre mois. Il a
terminé le tout en beauté et nous a même offert gracieusement notre chambre
dans son hôtel. Vraiment un mec généreux et d’affaire! Merci du fond du cœur
Nicolas!
On peut donc officiellement dire que le
tournage du film «Expat» entamé en janvier 2013 est terminé pour la portion
Asie. Il restera quelques scènes à tourner au Québec à notre retour mais
l’essentiel est là. Bravo! On est super content et on fais la fête. Je fais les
backup et espère les envoyer par la poste au Canada au plus tôt! Ca été un
cauchemar qui a duré près de 1h30 dans un bureau de poste de merde pour se
faire dire qu’on ne pouvait pas poster des clé USB, du data, des épices, du
parfum (?) Bref! J’ai jamais envoyé la copie de secours à cause d’un cancer
nommé communiste! Ils ont rien compris ces gens… Peut-être ne comprendrons-t-il
jamais que leur modèle d’affaire est tout croche et même paradoxal! On est
sorti de là un peu fâchés mais on a tôt fait de retrouver le sourire. Cinq à
sept oblige!
On a rencontré un couple de Québec avec qui
on a passé les derniers jours ensemble. Ce sont des amis de Laurence et ils
étaient au Vietnam par hasard. Ils s’appellent David et Mélanie et ils ont
vendu leur maison (et tout ce qu’elle contenait) pour un long périple de huit
mois autour du monde! Un histoire similaire à la nôtre et nos destin se sont
croiser. On a eu du plaisir à leur faire visiter rapidement la ville, on les a
amené à des chutes, on avait l’impression d’être réellement en vacances après
la fin d’un long tournage. La plage, le soleil, la bonne bouffe et revoir mon
ami Mélanie qui quitte dans quelques jour pour Saigon. Tout ça c’était de beaux
moments mais il fallait quitter de nouveau en direction de Hoi An.
La bouffe
Petit intermède sur la bouffe vietnamienne.
La populaire soupe que l’on nomme PHO se retrouve un peu partout pour un prix
variant de un à deux dollars. Bien sur la qualité est très inégale d’un endroit
à l’autre mais une constance nous a consterné : Le glutamate monosodique
règne en roi et maître dans toute la bouffe Viet. (on en trouve une section
complète dans toute les épiceries) Tellement qu’il a fallu apprendre à
commander sans glutamate après que Laurence eut commencé à souffrir de migraines
(qui n’étaient pas causées par l’alcool) On a vite mis le doigt sur cette
cochonnerie qui se met à pleine pelleté dans chaque plat ici! C’est tellement
dommage. À cause de ça, j’ai perdu un peu d’amour pour ce pays (et le fait que
c’est devenu beaucoup plus cher… Viens pas me dire qu’une nation qui fait
galoper son inflation à coup de 20% par année est en santé financière!)
Autrement on a connu des alcôves dans des petit restaurant 100% viet : pas
d’anglais, du BBQ, des rouleaux à faire soi-même... Le nord on y mange très
bien mais gare au glutamate! Je tiens à éradiquer cet ingrédient de ma vie
(synonyme de cheap et sans saveur quand tu en met) car les effets sont mauvais
sur mon amoureuse (imaginez une fille qui a toujours mal à la tête!)
Hoi An + Ha noi
Cette charmante petite ville est un véritable
oasis au centre du vietnam. On s’y est rendu en train de nuit en pensant que le
confort serait supérieur au nightbus. J’ai dormi comme un bébé. Nous n’étions
pas très enchantés de partager une cabine avec quatre autre vietnamiens à
l’hygiène louche transportant un sac de durian (ce fruit qui sent atrocement
mauvais et que j’ai même pas osé gouter quand Laurence l’a acheté tellement ca
me levait le cœur) On a pogné le jackpot de la pire cabine. On s’est donc
aspergé de parfum (celui-là même que l’on a pas réussi a envoyer par la poste)
pour rendre la pièce plus… respirable.
Hoi An, c’est la capitale du vêtement sur
mesure et l’endroit ou la nuit, quelquefois, ils éteignent toutes les lumières
et le seul éclairage reste des milliers de chandelles qui scintillent dans la
nuit. Paisible et étrange à la fois. Ça fait tout un choc quand les lumières
s’ouvrent de nouveau, le trafic reprend, les klaxons, le chaos quotidien du
Vietnam. Moi j’aime bien mais je sens que mon amoureuse n’y tiens plus. Elle rêve
de calme et de grands espaces. C’est pour ça que l’on va à Sapa pour finir notre
périple. En attendant, on est dans la ville pour shopper, Laurence aime ça et
je me prête au jeu en m’offrant un habit tout neuf. Il me sera très utile pour
les mariages et peut-être même pour me représenter comme futur homme d’affaire.
On ne chôme pas et on dégotte rapidement les meilleurs restaurants après une
journée chaude partagée entre le magasinage et la piscine de l’hôtel.
Le jour de notre départ, un évènement
regrettable s’est produit. En fait deux. Premièrement, savais-tu toi que le 30
avril, c’est une fête nationale au Vietnam pour commémorer la prise de Saigon
par le Vietcong et l’Armée Nord-Vietnamienne? Moi qui est passionné d’histoire,
je le savait! Ce que je ne savais pas, c’est qu’il n’y avait plus un seul
billet de disponible pour peu importe le moyen de transport jusqu’à Sapa… On
s’est fait avoir comme des bleus. Bang! On est pris à Hanoi pour quelques
jours. Parallèlement, Laurence cherche à obtenir un visa pour la Mongolie. Oui
elle désire se soustraire au chaos de l’inde pour aller faire du vélo dans les
steppes désertique de cet étrange pays situé au nord de la Chine. Le hic c’est
que l’ambassade est fermée pour cinq jours, ce qui fait qu’elle ne pourrait
quitter le Vietnam avant le 7 mai et tous les éléments jouent en sa défaveur. Moi
mon billet est déjà réservé pour Mumbai. J’y arriverai donc en plein milieu de
la nuit, sans hôtel ni réservation, dans la ville la plus cher de l’inde.
Groovy! Je me promet de revenir pour Sapa car jamais deux sans trois!
Laurence a donc décidé de s’embarquer sur un
avion pour Kathmandu au Népal ou elle ira rejoindre notre ami Caroline que nous
avions rencontré à Bali quelques mois plus tôt. Elles s’en vont faire des treks
dans les montagnes pendant que moi, je vais tenter ma chance comme figurant
caucasien dans une production bollywoodienne. Chacun ses aspirations et c’est
très bien ainsi. On se donne donc rendez-vous dans un mois à Kathmandu ou
j’irai la rejoindre pour faire une balade en montagne! J
Le deuxième incident le jour du départ de Hoi
An, ce fût cette mort atroce d’un enfant. Je suis sorti du lobby en entendant
des cris de l’autre côté de la rue. J’ai vu un homme portant un enfant inanimé
sur ses épaules pousser littéralement une femme hors de son motorbike et
embarquer avec un acolyte en direction de l’hopital. Son regard a croisé le
mien. Il voulait pleurer. La rumeur dit que le bébé est mort noyé. J’entendais
au loin les cris et les pleurs de la mère. Ca donnait froid dans le dos. Ouf!
Premier mort en dehors d’un cercueil, un enfant en plus, disons que ça met les
choses en perspectives sur la fragilité de la vie.
Nous voici donc à Hanoi, dans l’attente de
nos vols respectifs. Je suis un peu nerveux mais plein d’espoir que chacun de
nous s’en va expérimenter ce qu’il veut vraiment et notre réunion ne sera que
plus excitante! Je t’aime Laurence! À
bientôt mon ti-cul!
:D








