lundi 29 avril 2013

Jour 140: FIN DE TOURNAGE


Finalement le Cambodge s’est pas passé comme on l’avait imaginé. Dans l’autobus qui nous ramenait à Phnom Penh, on reçoit un texto qui nous dit que Olivier, l’agent immobilier, est à l’hôpital et ne pourras pas nous rencontrer avant deux jours. Laurence trouve que ça pue. Je lui dis que nous allons l’attendre car nous comprenons bien la situation. Je vais donc commencer le tournage sans lui parce que notre avion est prévu dans six jours, on sera donc un peu plus serré mais ça se peut encore. De retour dans la capitale, on se rend compte que la bouffe est pas si bonne que cela, hormis les restaurant ou ça coute plus cher, on se fait harceler dans la rue par des gens amputé, défiguré, bref, on a bien hâte de quitter cette ville, surtout que notre spacieuse chambre avec terrasse est limite confortable à cause de la climatisation déficiente. Je rencontre des gens formidable et des enfants adorables durant mes balades solitaires avec mon kit caméra à courir au quatre coins du centre-ville à la recherche d’image pour élaborer les propos d’une entrevue qui n’a pas encore eu lieu.

On en profite pour faire une visite éclair chez le dentiste. L’aubaine était alléchante et le résultat était à la hauteur. Un petit truc comme ça. Si vous voyagez en Asie, profitez-en pour redonner un nouveau look à votre bouche. Au prix que ça coûte, ce serait con de s’en passer.

Et puis l’improbable arriva. Le gars nous a chié dans les mains. Littéralement. Laurence avait eue un pressentiment. J’avais été trop diplomate. En nous donnant mille conseils sur la façon de présenter notre projet (c’est le point positif de toute l’histoire, le seul conseil qu’il ma donné que je vais suivre) le gars ne nous a jamais accordé le temps nécessaire pour faire une entrevue! Autrement, on a perdu notre temps et loupé tout le sud pour attendre après un grand parleur qui pense que son temps est plus précieux que le nôtre. La dernière journée, on s’est payé la piscine dans un luxueux hôtel. Il a fait chaud au Cambodge et c’était un moyen de lâcher prise sur la situation. La veille du départ, il nous appelle pour nous proposer une mini-entrevue. J’ai dis à Laurence que je n’étais pas là, je ne voulais plus consacrer une minute de plus de mon voyage à ce sinistre individu. Laurence a décidé de lui dire le fond de sa pensée. Tant mieux. On s’est pris un verre après en se disant qu’il faudra trouver un plan B au plus vite. Je me promets de revenir dans ce pays que je n’ai pas vu, le nord, le sud… Tellement d’image qui ne serviront jamais que ça m’a enragé un moment… Je ne savais encore que le destin allait s’occuper de nous faire oublier ce clown assez vite…

Good Morning Vietnam!

Ho Chi Minh est pareille comme je l’ai laissé il y a deux ans. À part une inflation galopante (25% par année! Tout est plus cher! Le Vietnam est devenu moins bon marché) et quelques buildings qui ont poussé, la ville est comme dans mes souvenirs! La différence cette fois, c’est que j’ai une amie qui m’attend et Laurence a elle aussi un ami qui reste là. I s’appelle Max et il est amoureux d’un jolie Vietnamienne nommée Titi. Ils sont charmants et je suis abasourdi de découvrir qu’il vient à peine d’ouvrir sa propre compagnie de consulting depuis deux mois à peine. Laurence et moi on se regarde du coin de l’œil avexc un regard complice. Oui ça se pourrait! Il nous invite à souper chez lui. Notre premier repas depuis des lustres ailleurs qu’au restaurant. On improvise un souper de pâte fait à partir de rien (Il fait chaud dans la cuisine!) C’était franchement très bon et bien arrosé avec une multitude de bouteille de vin. On lui demande ce qu’il pense de notre projet et si il veut embarquer. Il accepte avec plaisir et se rend disponible du jour au lendemain pour l’entrevue. On aime!

Il nous présente à la communauté d’expat de Saigon. C’est vraiment cool comme ambiance. J’en ai profité pour aller me perdre dans le district 5 pour trouver un gym 100% Viet. La petite madame voulais pas me laisser rentrer et moi j’ai insister jusqu’à ce qu’un des gars dans le gym me fassent signe d’entrer sans frais. Pas facile de s’entrainer à 35 degrés pas de ventilateur ni climatisation mais je l’ai fait et c’était bon. On est allé à la plage (un genre de resort boboche) On a refait une deuxième entrevue avec Max. Du bon temps tout les quatre ensemble et un tournage assez relax merci. Nous avons quitté rapidement la ville pour se rendre à Nah Trang non sans prendre notre dernier repas avec mon amie Uyen! Elle a changée! Elle est maintenant devenue une jeune femme. Je l’ai connu étant étudiante et paumée, maintenant elle a son Iphone! Elle gagne mieux sa vie à cause de sa connaissance de l’anglais et supporte sa famille et ses six frères et sœurs. Je l’ai invitée à venir au Canada. Elle me dit qu’elle va commencer à ramasser de l’argent et qu’elle serait heureuse de venir me voir l’an prochain. L’avenir nous le dira!

Nah Trang

Notre arrivée dans cette destination soleil pour les russes de tout acabit était appréciée. Après avoir gouté au nightbus du Vietnam, rien de mieux que d’aller faire un somme dans notre superbe chambre climatisé. La ville a changé depuis la dernière fois. Il y a maintenant encore plus d’hôtel et ca continue de construire à un rythme d’enfer. On dirait que la récession n’a pas main mise ici mais c’est un leurre. Tous ces édifices qui se construisent restent vides et leur construction ne servent qu’à blanchir de l’argent sale.  Si j’ai des preuves sur ce que j’avance? Bien sûr que non. J’ai seulement eu une mise à jour accélérée de l’économie Vietnamienne qui fonce vers un mur de la part de Nicolas Albherne, propriétaire du Ha Van Hotel et dernier intervenant à être filmé pour le projet de long métrage sur lequel on travaille depuis quatre mois. Il a terminé le tout en beauté et nous a même offert gracieusement notre chambre dans son hôtel. Vraiment un mec généreux et d’affaire! Merci du fond du cœur Nicolas!

On peut donc officiellement dire que le tournage du film «Expat» entamé en janvier 2013 est terminé pour la portion Asie. Il restera quelques scènes à tourner au Québec à notre retour mais l’essentiel est là. Bravo! On est super content et on fais la fête. Je fais les backup et espère les envoyer par la poste au Canada au plus tôt! Ca été un cauchemar qui a duré près de 1h30 dans un bureau de poste de merde pour se faire dire qu’on ne pouvait pas poster des clé USB, du data, des épices, du parfum (?) Bref! J’ai jamais envoyé la copie de secours à cause d’un cancer nommé communiste! Ils ont rien compris ces gens… Peut-être ne comprendrons-t-il jamais que leur modèle d’affaire est tout croche et même paradoxal! On est sorti de là un peu fâchés mais on a tôt fait de retrouver le sourire. Cinq à sept oblige!

On a rencontré un couple de Québec avec qui on a passé les derniers jours ensemble. Ce sont des amis de Laurence et ils étaient au Vietnam par hasard. Ils s’appellent David et Mélanie et ils ont vendu leur maison (et tout ce qu’elle contenait) pour un long périple de huit mois autour du monde! Un histoire similaire à la nôtre et nos destin se sont croiser. On a eu du plaisir à leur faire visiter rapidement la ville, on les a amené à des chutes, on avait l’impression d’être réellement en vacances après la fin d’un long tournage. La plage, le soleil, la bonne bouffe et revoir mon ami Mélanie qui quitte dans quelques jour pour Saigon. Tout ça c’était de beaux moments mais il fallait quitter de nouveau en direction de Hoi An.

La bouffe

Petit intermède sur la bouffe vietnamienne. La populaire soupe que l’on nomme PHO se retrouve un peu partout pour un prix variant de un à deux dollars. Bien sur la qualité est très inégale d’un endroit à l’autre mais une constance nous a consterné : Le glutamate monosodique règne en roi et maître dans toute la bouffe Viet. (on en trouve une section complète dans toute les épiceries) Tellement qu’il a fallu apprendre à commander sans glutamate après que Laurence eut commencé à souffrir de migraines (qui n’étaient pas causées par l’alcool) On a vite mis le doigt sur cette cochonnerie qui se met à pleine pelleté dans chaque plat ici! C’est tellement dommage. À cause de ça, j’ai perdu un peu d’amour pour ce pays (et le fait que c’est devenu beaucoup plus cher… Viens pas me dire qu’une nation qui fait galoper son inflation à coup de 20% par année est en santé financière!) Autrement on a connu des alcôves dans des petit restaurant 100% viet : pas d’anglais, du BBQ, des rouleaux à faire soi-même... Le nord on y mange très bien mais gare au glutamate! Je tiens à éradiquer cet ingrédient de ma vie (synonyme de cheap et sans saveur quand tu en met) car les effets sont mauvais sur mon amoureuse (imaginez une fille qui a toujours mal à la tête!)

Hoi An + Ha noi

Cette charmante petite ville est un véritable oasis au centre du vietnam. On s’y est rendu en train de nuit en pensant que le confort serait supérieur au nightbus. J’ai dormi comme un bébé. Nous n’étions pas très enchantés de partager une cabine avec quatre autre vietnamiens à l’hygiène louche transportant un sac de durian (ce fruit qui sent atrocement mauvais et que j’ai même pas osé gouter quand Laurence l’a acheté tellement ca me levait le cœur) On a pogné le jackpot de la pire cabine. On s’est donc aspergé de parfum (celui-là même que l’on a pas réussi a envoyer par la poste) pour rendre la pièce plus… respirable.

Hoi An, c’est la capitale du vêtement sur mesure et l’endroit ou la nuit, quelquefois, ils éteignent toutes les lumières et le seul éclairage reste des milliers de chandelles qui scintillent dans la nuit. Paisible et étrange à la fois. Ça fait tout un choc quand les lumières s’ouvrent de nouveau, le trafic reprend, les klaxons, le chaos quotidien du Vietnam. Moi j’aime bien mais je sens que mon amoureuse n’y tiens plus. Elle rêve de calme et de grands espaces. C’est pour ça que l’on va à Sapa pour finir notre périple. En attendant, on est dans la ville pour shopper, Laurence aime ça et je me prête au jeu en m’offrant un habit tout neuf. Il me sera très utile pour les mariages et peut-être même pour me représenter comme futur homme d’affaire. On ne chôme pas et on dégotte rapidement les meilleurs restaurants après une journée chaude partagée entre le magasinage et la piscine de l’hôtel.

Le jour de notre départ, un évènement regrettable s’est produit. En fait deux. Premièrement, savais-tu toi que le 30 avril, c’est une fête nationale au Vietnam pour commémorer la prise de Saigon par le Vietcong et l’Armée Nord-Vietnamienne? Moi qui est passionné d’histoire, je le savait! Ce que je ne savais pas, c’est qu’il n’y avait plus un seul billet de disponible pour peu importe le moyen de transport jusqu’à Sapa… On s’est fait avoir comme des bleus. Bang! On est pris à Hanoi pour quelques jours. Parallèlement, Laurence cherche à obtenir un visa pour la Mongolie. Oui elle désire se soustraire au chaos de l’inde pour aller faire du vélo dans les steppes désertique de cet étrange pays situé au nord de la Chine. Le hic c’est que l’ambassade est fermée pour cinq jours, ce qui fait qu’elle ne pourrait quitter le Vietnam avant le 7 mai et tous les éléments jouent en sa défaveur. Moi mon billet est déjà réservé pour Mumbai. J’y arriverai donc en plein milieu de la nuit, sans hôtel ni réservation, dans la ville la plus cher de l’inde. Groovy! Je me promet de revenir pour Sapa car jamais deux sans trois!

Laurence a donc décidé de s’embarquer sur un avion pour Kathmandu au Népal ou elle ira rejoindre notre ami Caroline que nous avions rencontré à Bali quelques mois plus tôt. Elles s’en vont faire des treks dans les montagnes pendant que moi, je vais tenter ma chance comme figurant caucasien dans une production bollywoodienne. Chacun ses aspirations et c’est très bien ainsi. On se donne donc rendez-vous dans un mois à Kathmandu ou j’irai la rejoindre pour faire une balade en montagne! J

Le deuxième incident le jour du départ de Hoi An, ce fût cette mort atroce d’un enfant. Je suis sorti du lobby en entendant des cris de l’autre côté de la rue. J’ai vu un homme portant un enfant inanimé sur ses épaules pousser littéralement une femme hors de son motorbike et embarquer avec un acolyte en direction de l’hopital. Son regard a croisé le mien. Il voulait pleurer. La rumeur dit que le bébé est mort noyé. J’entendais au loin les cris et les pleurs de la mère. Ca donnait froid dans le dos. Ouf! Premier mort en dehors d’un cercueil, un enfant en plus, disons que ça met les choses en perspectives sur la fragilité de la vie.

Nous voici donc à Hanoi, dans l’attente de nos vols respectifs. Je suis un peu nerveux mais plein d’espoir que chacun de nous s’en va expérimenter ce qu’il veut vraiment et notre réunion ne sera que plus excitante!  Je t’aime Laurence! À bientôt mon ti-cul!

:D

JOUR 105: LE MONDE EST PETIT ET LES ASIATIQUES AUSSI!

Le 10 mars dernier, un dimanche, nous arrivions à Chiang Mai, Thailande, par avion depuis Luang Prabang, Laos. Comme dans toute ville thailandaise qui se respecte, un Sunday night market était donc l’attraction à ne pas manquer ce soir là. Disons que moi j’aime et David aime moins car quand on dit night market on dit : promiscuité, chaleur, foule, bouchon de piétons, guenille en vente, touristes en veux tu en vlà! et perte de patience. Une ou deux fois ça suffit, mais étrangement j’en redemande toujours! Donc, nous venions tout juste de pénétrer cette foule suante dans le « bon sens » du courant, David derrière moi, à la queue leuleu, les mains sur mes épaules, formant ainsi un train afin de ne pas nous faire séparer par les shoppeux mal élevés! C’est alors que nous croisons un « géant » qui ose braver le contre courant, l’air pénard, limite perdu dans un monde qui n’est pas tout à fait apprivoisé.

Mais! Mais? Mais!?!?!?
Mais je le connais!
Mais je crois le connaître!

En fait je ne suis pas certaine, alors je file en sa direction, laissant David derrière sans un mot, et me mets à le suivre afin de confirmer ma vision! Je jette des coups d’œil à travers sa longue chevelure tout en restant « cachée »  dans son dos. Une fois que je ne crois pas avoir halluciné, je murmure son prénom, Philippe! Comme il réagit et se retourne, je peux enfin confirmer qu’il sagit bel et bien de Philippe St-Hilaire Gravel, un pot de Québec avec qui j’ai travaillé au Village Vacances Valcartier il y a une dizaine d’années! WOW! Le hasard est vraiment coquin parfois! Quelles étaient les chances que mon regard capte son image, au milieu d’une foule de 10 000 âmes en pleine nuit, à Chiang Mai, Thailande, un 10 mars 2013, à cette heure précise, à cette minute même, à cet endroit exact. 

Ce qui est encore plus flabbergastant c’est que je n’avais aucune idée qu’il était en voyage, et lui n’en avait pas la moindre idée non plus, car on se le rappelle, I am NOT on Facebook!!! Jojo Savard pis son caniche aurait pas pu le prédire! Ah non! Ce qui est le plus plus cool, c'est que tout banalement (comme si c'était écrit sur son texte...) il me dit qu'il veut commencer un cours de massage thai mais qu'il n'a pas encore choisi l'école. Ben voyons donc! Je commence mon cours le lendemain alors l'invitation est lancée, il viendra me rejoindre à l'hotel et nous nous rendrons ensemble au cours. C'est ti pas beau la vie, hein quand même ;) On a finalement passé les trois semaines de cours ensemble. Dans notre groupe il y avait Jessica, une allemande hors de l'ordinaire et Keeley, une anglaise (d'abord rencontré à Tonsai beach en Thailande, ensuite par hasard à Krabi toujours en Thailande et finalement, le 1er jour de cours, bingo je retombe sur cette jeune blondinette à l'école). Il faut dire que c'est elle qui avait planté la petite graine dans ma tête au sujet de la massothérapie... Elle m'avait parlé de l'école de Chiang Mai mais nous n'avions pas échangé d'adresse, ni d'info. Le hasard se jouait encore de nous!

J'étais littéralement en bonne compagnie, le temps a passé ultra rapidement, David et moi nous nous retrouvions déjà, à peine un peu d'ennuyage, beaucoup à raconter et surtout beaucoup beaucoup de fébrilité à l'idée de se revoir! À 4h53am je le réveillais dans sa chambre de Bangkok pour que quelques heures après nous nous envolions pour le Cambodge, pays peu recommandable selon certains autres voyageurs...

L'eau

vendredi 5 avril 2013

JOUR 104: À MI-CHEMIN

Ho boy! Fait longtemps que j’ai pas updaté le blogue de ma plume. Ca y est! Nous avons passé le cap psychologique de la moitié du voyage. Je suis encore sous le choc comment le temps défile rapidement sous nos yeux ébahis. C’est pas parce qu’il ne se passe pas grand chose ces temps-ci dans nos vies, c’est juste que ça ne me tentait pas. Là je suis en feu alors je vais faire un survol rapide des évènements des dernières semaines en accéléré parce que je suis dans un bus local perdu au milieu du Cambodge. 

 le célèbre temple d'Angkor Wat, au Cambodge

Laos

Après avoir visité le Laos avec Laurence, je suis resté un peu sur ma faim. J’avais des attentes immenses sur ce pays. L’entrevue à Vientiane s’est super bien passée. Les québécois du restaurant Le Silapa, Anthony et Fred nous ont livré un super témoignage et ils ont été généreux de leur temps. Autrement, la ville ressemble à un mini-Paris. Nous avons passé beaucoup de temps avec Anthony qui a récemment  décidé de revenir au pays! J’aime la diversité des gens que l’on interroge tout au long de notre périple et Anthony a un parcours de vie assez fascinant! Bref, son histoire d’amour avec le Laos est bientôt terminée et nous avons rendez-vous cet été à Québec pour un BBQ sur notre terrasse. (Et croyez-moi, je suis un tantinet nerveux de recevoir un chef à la maison!) Pour rigoler, on va sortir les saucisses No name et les pains à holldoye! Vientiane s’est découvert à travers les expériences de ces deux lurons qui ont tout quitté il y a quinze ans pour ouvrir leur restaurant. On y mange très bien même si c’est vraiment pas dans nos moyens, on doit quand même tester les produits des gens qui participent à notre projet!! Le vin coule à flot le soir pour l’apéro après une grosse journée de tournage. (un fantastique vinier de 4 litres pour 18$ C’est dangereux l’alcool ici!) Petite anecdote en passant : La beer Lao, ça goute rien. Je commence à ne plus me fier aux commentaires des gens. Voyons donc, c’est sûr que c’est pas cher, faut mettre de la lime dedans comme la Corona pour que ça goûte de quoi! (Pardon aux buveurs de Corona)

Après, on a filé au Nord et avons manqué complètement le sud (4000 islands). Vang Vieng, j’ai aimé. C’est rendu tellement tranquille depuis que le gouvernement a tout fermé les bars le long de la rivière et mis tout les trafiquants de drogue en prison. Raison officielle : trente touristes morts par année, c’était devenu trop embarrassant. C’est devenu une ville très tranquille. On a fait du vélo, de la baignade dans un lagon à l’eau turquoise et vu le Laos profond et pauvre. Sinon j’ai pas tant trippé sur Luang Prabang. Outre la visite aux chutes en vélo, une ville pourrie par le tourisme, j’ai mal mangé (disons-le, la bouffe du Laos pour moi, c’est pas terrible) et on en a profité pour se faire voler au moins 400$ US dans nos sac. Je sais, c’est con de pas le garder sur nous, mais on m’avait prévenu de JAMAIS plier un billet américain sinon il ne valait plus rien au Cambodge. Ouin… Je me suis fait fouiller dans mon sac et tout, Laurence également mais elle s’en est rendue compte bien après, une fois à l’aéroport du Cambodge... Ça prend vraiment le fils à personne pour faire ça. Ça laisse un gout amer. Nous sommes toujours la somme de nos expériences et pour moi, le Laos restera dans mes souvenirs synonyme de voleur. Je suis bien prêt à tout payer plus cher parce que je suis blanc mais me faire voler alors que mon sac est dans une chambre barrée, c’est l’insulte suprême. Bon, ma montée de lait est terminée, maintenant, je garde tout sur moi, en tout temps. (Notez que ce $US me suivait depuis l’Indonésie et il n’est jamais rien arrivé. Je crois au Kharma… Ah! Pis le pays du sourire à Luang Prabang, oublie ça. Non… Hormis le fait que c’est paisible, je ne suis pas tombé en amour avec ce pays.


Chiang Mai

On est pressé par le temps et on a beaucoup à parcourir. On se rend bien compte que notre itinéraire est insensé. On change les plans, on s’adapte. On prend l’avion depuis Luang Prabang, Laos jusqu’à Chiang Mai, Thailande. Un gentil américain nous reconduit de l’aéroport jusqu’à notre guesthouse, tout ça par pure gentillesse. L’hôtel est sale mais pas cher et on a une piscine. Le premier matin, on s’engueule avec la dame du restaurant qui chigne sur notre demande d’eau chaude (pour notre café instant L). On se fait traiter de cheap et que si on ne veut dépenser, on devrait rester dans notre pays. Laurence réplique qu’avec la qualité des chambres et de l’endroit en général, c’est pas mal juste des gens cheap qu’ils vont avoir comme clients. Cinglante réponse. On décide d’aller chercher notre eau chaude à la réception le matin suivant et ils nous l’offre avec toutes leurs excuses et le sourire. Un nouveau guesthouse plus tard, Laurence commence son cour de massage et moi je quitte pour la ville de Pai dans le nord pour cinq jours. J’étais loin de me douter que notre séparation serait beaucoup plus longue mais Laurence sera entre bonnes mains (en fait, sous les mains des masso) durant mon absence. Mon transport pour Pai m’a laissé tombé, je me rend donc par mes propres moyen à la gare d’autobus après avoir longuement embrassé la fille que j’aime. 

PAI

Par hasard, la première personne à qui je m’adresse en attendant le départ est… Québécois! Il s’appelle JF, est directeur photo à Montréal et à ouvert sa propre entreprise de production (quel hasard me direz-vous!?). Ce gars-là m’a inspiré complètement. Je crois qu’on est resté cinq jours à parler, parler, parler et errer dans les rues de Pai, une bière à la main. Sérieux, on s’est vraiment bien entendu et on a parlé de plein plein plein de choses. On s’est donné rendez-vous cet été (ce fameux été ou j’ai 90 projets à effectuer en 60 jours) pour se revoir au Québec. Bien sûr on a fait le parcours à vélo, les éléphants et la piscine en après-midi et on a bu au moins… cinquante litres de bière. Le premier matin, j’avais la tête tellement dévissée que j’ai du me prendre des Tylenol avant le café. Je me rappelais pas la dernière fois que j’avais fait bu comme ça! Quand tu voyages avec une copine, généralement c’est plus tranquille à ce niveau-là. J’ai ressorti mes capacités de party-animal du premier périple en Asie. Là, j’en peux plus de boire de la bière. La Thailande à deux défauts selon moi : trop touristiquement développé (je vous jure que les sourire envers les touristes ont diminué depuis deux ans) et l’alcool est trop taxée. Le vin est plus cher qu’au Québec, la place la plus cher en Amérique! Anyway, j’ai beaucoup aimé Pai avec ses hippies, ses nuits fraiches sans climatisation ni ventilateur et ses… cheeseburgers! Burger Queen à été déclarée grande gagnante du jury à l’unanimité! Après cinq jours de retraite bien imbibés, je retourne à Chiang Mai pour retrouver Laurence et espère m’enfuir avec elle vers Bangkok. Le hic! c’est qu’elle veut poursuivre sa formation de massage Thai car elle a été emballé par le cours d’initiation. Je dois me rendre à BKK pour l’entrevue avec Phil Têtu, le réalisateur québécois. Le destin a tout arrangé pour nous. JF (de Pai) s’en va justement à Bangkok et m’offre gracieusement de faire l’entrevue avec moi. Je quitte Chiang Mai en paix, on se donne un autre rendez-vous dans deux semaines! Laurence a plein de nouveaux amis, je ne suis pas inquiet!


 en tournage à BKK!

 Perdu dans BKK!

 en tournage avec Phil Tétu, réalisateur

Bangkok Prise 2

Deuxième visite durant le voyage à Bangkok. Je suis déjà un habitué. Skytrain, metro, moto, j’atterri dans la jungle de Nana Plaza à six heures du matin, défraichi et confus par un autobus de nuit ou je n’ai pas fermé l’œil. J’ai perdu dans le transport une batterie de caméra, un étui à carte mémoire, un sac bandoulière et une carte mémoire. Encore un autre 200$ qui vient de s’envoler en fumée parce que j’ai oublié mon sac en dessous du banc comme un endormi (Le train de nuit était plein toute la semaine à cause du fullmoon party dans le sud alors j’ai dû me rabattre sur l’autobus), mon erreur que je dois assumer. Bon, je suis dans le quartier trash pour 3-4 jours au même guesthouse que JF. Pour la première fois, je me retrouve dans un dorm avec plein de jeunes hommes antipathiques. On se concentre sur l’entrevue avec Phil Têtu. Sans vouloir rien enlever à personne, c’est un vibrant témoignage inspirant qu’il nous a livré. J’ai vraiment hâte de pouvoir le montrer. Franchement chapeau mon Phil! Merci de m’avoir accordé ta confiance, tu ne seras pas déçu! Pour fêter tout ça, on se rend pas loin de chez lui pour prendre UNE bière (finalement 17) et pêcher des crevettes géantes à la canne. Un autre moment magique à trois boys qui jasent de la vie, une bière à la main et la canne à pêche dans l’autre. Bien rond et toujours prêt à l’action, Phil est retourné auprès de sa bien aimée et les deux joyeux saoulons se sont dirigés vers le fameux quartier touristotrash de Khaosan Road pour continuer la soirée. On s’est échoué au restaurant Poutine Sans Frontières (encore) et c’est nul autre que Bruno Blanchet qui nous a accueilli dans ses nouvelles installations. JF était content de rencontrer son idole de jeunesse et moi content de le revoir pour une deuxième fois. Traditionnelle poutine toujours bien arrosée de bière. Décidément, la fin du voyage de JF et le milieu du mien auront été bien arrosés. Nous avons bien pris soin de voir un ping pong show avec les voisins de dorm de JF et passer sa dernière soirée à Nana Plaza dans les go-go bars les plus chauds de Bangkok. C’est une expérience à vivre, mais pas seul, alors je l’ai accompagné par solidarité.! Mon dieu, toute cette décadence quand ma copine est pas là! Comme elle ne désire pas encourager cette industrie, j’ai fait cette expérience sans elle, mais revenir à un rythme plus normal a été des plus bénéfique.

Une belle rencontre entre JF et Bruno!

Quand je me suis retrouvé seul à Bangkok, je partais tourner des images, me couchais sobre et je parlais avec Phil sur internet. On a fait deux demi-journées de tournage en mode photographie de Bangkok, j’ai fait du shopping monstrueux et j’ai marché ma vie dans cette ville immense et surpeuplée. J’aime Bangkok. Certains la traiteront de tout les noms mais j’ai un attachement à cette mégalopole, port d’entrée de toute l’Asie du sud-est. Il y a un dynamisme qui me plait et y tourner un film me brancherait bien! Je commence cependant à m’ennuyer de ma copine. Mon tournage est terminé, j’ai quelques bonnes images et je suis prêt à bouger. Je m’éveille un matin a 4h25 par un baiser posé sur mes lèvres. J’avais laissé la porte débarrée et Laurence est venue me rejoindre. Quelle joie de se retrouver et discuter de nouveau. On quitte la Thailande, direction Cambodge.

Phnom Penh, Cambodge

Poisson d’avril! Laurence m’offre des peanuts. Dans le sac elle a remplacé les noix par des insectes grillés J J’adore cette fille et mon feeling pour le Cambodge est vraiment bon. Encore une fois, on a décidé d’y rester seulement dix jours « parce qu’un tel a dit… Et qu’un autre a dit... Pis j’ai lu sur internet que… » Il n’y a rien comme le vivre! Le Cambodge c’est un pays stigmatisé par des blessures profondes, le Cambodge c’est un pays, c’est LE pays du sourire. J’ai jamais vu ça ailleurs en Asie. Le monde est souriant ici. LE monde y parle l’anglais. Mieux que le petit québécois moyen (en l’occurrence, moi)  qui a grandi dans un monde de pauvres petits francophones péquistes qui encourageait pas ceux qui parlaient l’anglais.

Le Cambodge c’est un pays qui se relève d’une hécatombe, d’un massacre, d’un génocide de presque deux millions de personnes en quatre ans, aveuglé par une bande de communistes assassins qui n’ont jamais été inquiétés car protégés par des alliés que je déteste profondément : La Chine, la Thailande et bien sûr les Etats-Unis d’Amérique… C’est en quelque sorte leur vengeance contre le Vietnam.. Ça fesse en sacrament dans ta petite réalité de caucasien nord-américain de savoir que le gouvernement Américain a financé un génocide et laissé les responsables s’en tirer… Des sales capitalistes qui financent des sales communistes… Mais soyons réaliste, la souffrance des Cambodgiens n’intéresse personne… Comble de l’ironie, c’est un pays communiste qui a libéré et soutenu le Cambodge des Khmers Rouges communiste car aucun pays «civilisé» ne voulait aller s’y salir les mains pour aider des pauvres asiatiques sous l’emprise d’un dictateur sanguinaire mis en place par la plus grande agence terroriste du monde entier : La  CIA. Je comprend maintenant pour la devise utilisée ici est le dollar américain…

 lolo qui tire du AK47!

Vous l’aurez deviné, on a fait une visite au Killing Field, visiter la prison de S21, lu de long en large sur le sujet et... tirer du AK47, le fusil d’assaut de fabrication soviétique, symbole ultime du communisme! On a pris soin de vider un chargeur de 30 balles pour 40$ US avant de visiter toutes ces horreurs, parce que ce n’est pas le genre d’attraction très joyeuse. Aucune photos permises en dehors de la salle de tir. Dommage. Le menu est à couper le souffle, tirer une grenade, tirer au lance-roquette sur une vache (!!!?????) etc. Sinon la ville est immense, il y a une longue promenade sur le Riverside, une grande rue sur le bord de la rivière Tonle Sap qui va se jeter dan le Mékong. On voit qu’il y a de la construction en ébullition ici. Le marché immobilier est en effervescence et c’est pour cette raison que l’on vient rencontrer un agent immobilier français pour une entrevue dans le cadre de notre projet de film documentaire. On devait faire l’entrevue demain mais il est tombé malade abruptement donc c’est reporté de deux jours. On espère être capable de compléter le tout avant notre départ pour le Vietnam le 10 avril.

Avec Phil Tétu par une belle journée de tournage à Bangkok!

Siem Reap

La première partie de notre périple nous a amené à la ville de Siem Reap d’ou on peut aller visiter les temples d’Angkor dont le célèbre Angkor Wat, l’attraction touristique la plus populaire au monde. On a vite compris pourquoi. La ville est enchanteresse et est bordée de part et d’autre par une rivière polluée mais dont les rives sont en restructuration (comme les rives de la rivière St-Charles). Partout des restaurants et bars avec des menus alléchants et des prix défiant toute concurrence en Asie! Sérieux. Une seconde de silence. On mange bien. Comme des rois. La culture française est aussi bien implantée au Cambodge (Merci aux cousins colonisateurs) mais surtout, ils ont appris à bien cuisiner ici. Une baguette goûte la baguette et on te la sert bien chaude et croustillante! Mmmh… Un régal à chaque repas, des shakes à 50 cents, on va se prendre un cours de cuisine, ça c’est garanti! Et que dire du vin… Partout, dans toutes les épiceries… Me suis acheté une bouteille de scotch, un petit litre de Glenlivet 12 ans… Ici c’est ma place pour apprécier les plaisirs de la table et boire autre chose que de la bière. Il fait beau et chaud, le monde est souriant et poli, ça coûte pas cher, que veux-tu de plus comme voyageur à petit budget? 

On est allé faire la visite des temples à vélo (on nous l’avait déconseillé mais on a la tête dure) et on a  mesuré l’ampleur du cirque : Ca prend trois jours pour visiter le site au complet, on veut le faire en une demi-journée. Coucher du soleil sur les ruines du temple en chronophotographie et lever à 4h40 du matin  pour filmer le lever du soleil. À 5h30 am, nous sommes presque les derniers arrivés sur le site pour le lever du soleil avec la réflexion du temple dans l’eau (voire la marre d'un pied de profondeur et 100pi 2!). J’ai jamais vu autant de matériel photo au pied carré. On dirait que le prince du temple va sortir pour un discours. Bien non, c’est juste le soleil qui se lève. J’ai pas de place sur le bord de l’eau, arrivé trop tard… Je me recule et change de plan. Deux heures et quelques plus tard, on bougeait de là pour entrer dans le temple. On est pas des fanatiques nous autres, ce qui fait que l’on sort assez vite de la visite et on entreprend le grand tour des infrastructures de la fierté monumentale de ce pays. 40 kilomètres de vélo plus loin, on retourne en ville avec les fesses en chou-fleur. Le déjeuner à été divin, la piscine en aprem tout autant et notre journée s’est achevée assez tôt. On s’est donc levé aujourd’hui pour retourner à Phnom Penh pour l’entrevue qui n’aura pas lieu avant deux jours. On aura pas vu beaucoup le Cambodge mais le peu que j’ai vu me plait énormément. Évidemment il y a des côtés déplaisant comme le fait que tu te fais harceler constamment, quêter un peu trop par des gens qui ont perdu une jambe, parfois deux dans le pays des plus minés au monde (merci aux USA)  et de pas avoir un nightmarket digne de ce nom et que ce soit sale et qu’il manque d’organisation  mais le cœur, le bon fond est là. Reste à savoir comment la fin de notre périple va se passer. Pour l’instant on est encore dans le bus, il fait noir, on s’est faite crosser sur le prix des billets et on a bien hâte à l’apéro. 

 Le coeur pur des enfants du Cambodge

Sinon tout va bien, on est heureux, je m’ennuie des gens que j’aime. C’est la période la plus longue que j’ai été parti en dehors du pays donc c’est normal d’avoir un petit blues. Ce serait pas normal de ne pas s’ennuyer… Bon printemps! On commence à regarder les nouvelles, on a vu sur un journal Cambodgien la face à claque obèse de la Corée du Nord qui se prend le nouveau maitre de la résistance anti-américaine… On s’inquiète pas trop mais nos plans changent au gré des pays : L’Égypte on n’y pense plus, Le Myanmar en état d’urgence avec couvre-feu et maintenant la Corée qui fait des menaces à coup de bombe nucléaire… C’est lourd à la fin! Juste un mot à dire en terminant :

PEACE!