vendredi 25 janvier 2013

JOUR 42: UBUD

L’arrivée dans la petite communauté de UBUD nous fait du bien après l’expérience de la grande ville. C’est plus calme et serein ici. Enfin c’est ce je croyais. C’est assez gros avec des boutiques et des restaurants sur une superficie étonnante. On reste dans un véritable palais qui fait contradiction avec notre dernier lieu de repos. Laurence et Caroline quittent pour un cour de joaillerie artisanale (elles feront leur pièce en argent) . Je décide de découvrir les environs pendant ce temps. Un massage balinais à 6$ plus tard, je m’engage dans la «Monkey Forest», une des attractions principales de la ville. Ça me fait mal au cœur de voir tous ces touristes avec leurs gros appareils photo (comme le mien que je n’ai pas apporté) de nourrir ces petites bêtes et de les prendre en photo. J’en profite pour faire de même mais je me lasse très vite de ce cirque. Retour à l’hôtel après une chaude journée à marcher. Nous improvisons un seau à glace pour apprécier notre bouteille de vin blanc Indonésien «Hatten» pendant que les derniers rayons de la journée nous caressent la peau. Ça c’est un 5 à 7. Délice. Orage. Une fin de journée typique à Bali en cette saison des pluies.

Notre cour de cuisine Balinaise à Casa Luna été un charme pour les yeux et la bouche puisque tournée du marché en introduction et cuisine en second. Rencontre de plusieurs voyageurs avec qui nous parlons de… voyage. (J’en profite pour ramasser des informations sur la Grèce…) J’ai particulièrement aimé la salade de noix de coco rapée à la main, lait de coco extrait à la main et fève verte. Évidemment le chili et l’ail sont omniprésents et nous voici heureux! De retour au pays, je me promets de les essayer et de vous les faire découvrir. On expérimente le maniement du mortier géant sous l’œil attentif de notre charmante professeure. J'en profite et je m'achète un kit de couteau de cuisine typique balinais et me l'envoie par la poste.

Nous rencontrons par la suite un ami de Caroline nommé Keith, un brillant architecte de Vancouver. Celui-ci nous présente à un autre de ses amis, Peter, un grand voyageur qui a habité durant des années à Ubud et qui est de retour d’un long séjour en Thailande. Les planètes sont en train de s’aligner. L’ambiance est étrange car Peter se saoule lentement mais sûrement devant nous. Disons que cet homme est différent quand il a pris un verre de trop. Une autre personne semble prendre sa place. Je lui parle de mon projet documentaire. Comme c’est l’heure d’aller souper, il nous propose à tous de nous amener dans un resto français ouvert par une expat. Je saute sur l’occasion. Tout le monde est d’accord. Elle nous accueille chaleureusement. Son nom est Evelyne, une veuve à l’air un peu triste. Après le repas, je me lève de table pour aller la remercier. C’est un vrai moulin à paroles cette femme! Je lui fais en quelque sorte une pré-entrevue sans toutefois lui parler de notre projet. Ça y est, j’ai trouvé un premier sujet. Je me jure de retourner le lendemain pour lui demander si elle veut participer à notre projet.  Je ne voulais pas la brusquer alors j’y suis allé lentement. Nous n’avons toujours pas rédigé le questionnaire, une urgence s’installe donc et nos cœurs s’emballent de joie et d’excitation.

Ce qui devait arriver arriva. On prend rendez-vous pour le lendemain pour une entrevue. Yé! On écrit le questionnaire, je donne des indications pour la première entrevue de Laurence et bingo! On l’a fait. Évelyne a été fantastique! On tient quelque chose d’humain, de fort, porteur d’un message, pas trop mélo… Tellement inspirant qu’à un certain moment je ne regardais même plus mon viseur, je l’écoutais attentivement et soudain me rendre compte que je n’enregistrait plus! Je veux la mettre dans le film pour sûr! On a donc besoin de visuel pour couvrir tout ça et évidemment, on doit prolonger notre séjour à Ubud.

Pour l’heure, on s’en va faire du vélo et découvrir la campagne balinaise. Un fantastique tour avec plusieurs arrêts pour découvrir la culture du café, du riz, de la botanique, la conception et l’exploitation d’une maison Balinaise, l’importance de la cellule familiale, etc. Encore une fois, ces gens ont quelque chose à nous apprendre. Il ont encore quelque chose de sacré dans leur vie. En parlant de rie, c’est drôle de voir que les gens font sécher leur riz en pleine rue, directement sur des bâches. On essayait de les éviter par respect mais disons que certaines traces de pneus de voiture nous laissaient perplexe. La prochaine fois que je vais manger du riz, je vais y penser deux fois. La deuxième partie du parcours à été enfin plus éprouvante et nous en avons profité pour produire de l’acide lactique dans nos mollet. Il faisait chaud comme c’est pas possible. Nous sommes arrivé au buffet en sueur. On s’est regardé d’un air complice Laurence et moi. On aurait pris une demi-heure de plus histoire de s’achever pour de bon. Partie remise. On va bien dormir ce soir. Je l’aime mon amoureuse!

L’Islam est discrète et à peine perceptible hormis la prière de l’après-midi à travers les hauts-parleurs que nous entendons au loin. Nous observons plutôt des signes d’hindouisme par les fameuses offrandes quotidiennes déposées un peu partout. Tout le monde semble heureux. La famille est forte et précieuse ici. Le cadet de la famille hérite invariablement du domaine familial mais en retour, il ne peut jamais le quitter. C’est inspirant de découvrir les autres peuples. Quand on sort du Québec, on se rend compte que nous ne sommes pas les plus beaux ni les plus fins comme plein gens aiment à penser…

C’est la veille de notre départ. On s’active. On achète des billets. Notre hôte Wyhan (il y en a des tonnes ici qui portent ce nom) nous donne un coup de main. On se loue un motorbike pour le lendemain matin. Nous avons deux heures pour prendre du visuel afin de couvrir l’entrevue d’ Évelyne, aller à la poste, au guichet, etc. C’est une véritable course contre la montre. Laurence conduit fébrilement son premier. On est devenus des chasseurs d’images qui cherchent leur proie. Au détour d’un rue barrée, alors que je filme une cérémonie quelconque, Laurence me tape sur l’épaule et me dit d’amener mes fesses un peu plus loin. Je suis ébahi par la découverte d’un combat de coq en pleine rue, dans la plus pure tradition eh… Balinaise. Les opposants se font attacher une lame à une de leur patte et s’engage ensuite dans un duel à mort. Certain trouveront la pratique cruelle. Les images sont certes crues mais tellement évocatrices… Dans ce monde qui n’est pas le nôtre, on fait de l’argent même avant d’envoyer le poulet se faire plumer et atterrir le soir venu dans notre «chicken curry» au Warung du coin. On a parié sur le coq gagnant et on a gagné le double de notre mise…  Je veux intégrer ça dans le film! Je cours dire merci et au revoir à Évelyne, on revient en vitesse à l’hôtel pour s’embarquer dans un autobus en direction de Padang Bai. De là, on prend un speedboat en direction de Gilli Air, une petite île sympathique au large de Lombok.

Toujours pas possible d’envoyer des photos, l’internet ici est rare, précieuse et inconstante… On a entendu dire qu’il a fait -45 degrés la nuit passé à Québec… Lâcher pas, on est avec vous, On a plein de coup de soleil pis on va peut-être manquer de crème :D

Cheers on s’en va manger du BBQ sur le bord de l’océan!

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