vendredi 28 juin 2013

Jour 189 : LE DÉBUT DE LA FIN


La nuit à l’aéroport de New Delhi s’est passée exactement comme je pensais : de la bouffe mauvaise à prix criminel, un wine shop fermé et pas d’internet. J’ai donc attendu couché par terre sur le marbre froid avec mon linge sale en guise de matelas, mon loup, mes bouchons pis mes sacs attachés à ma ceinture. Wow! J’étais frais comme un rose en prenant mon vol en direction de Kathmandu, douze heures plus tard! (Ironie) Du haut des airs, je voyais le Népal pour la première fois. Kathmandu est immense!


Quelle joie d’être enfin arrivé. L’air est frais! Il fait environ vingt-cinq degrés et je suis dans un état de grâce malgré la fatigue. Dans moins de douze heures, je vais revoir Laurence et lui faire une surprise pour son anniversaire avec la complicité de Caroline. J’espère qu’elle ne se doute de rien. Arrivé à mon hôtel, j’ouvre mon lit pour dormir un brin avant la soirée festive. Les draps sont moisis. Beurk. Je me couche résigné par dessus et je m’endors aussitôt. Vers l’heure du souper, on cogne à ma porte. Je fais la connaissance de Pascal, l’ami de Caroline. Pour ceux qui ont besoin de savoir qui c’est: on a rencontré Caroline alors qu’on était à Ubud en Indonésie. On a voyagé quelques jours ensemble et elle nous a ensuite quitté pour aller en Inde avec son ami Pascal. Voilà. Je rencontre le gars en question. Très sympathique avec une voix radiophonique en bonus. On est un peu en retard et ma nervosité monte d’un cran. Pascal a pour mission d’aller chercher le gâteau et moi je suis en quelque sorte la cerise.


En entrant dans le restaurant, mon cœur à chaviré. Oui! Ce genre de sensation est typique de l’amoureux. Je me suis ennuyé d’elle… Je la voit de dos à quelques mètres de moi… Avec ses petit cheveux blonds! Ça me fait complètement flipper… Je me sens comme à une première date. Je marche vers elle, tout est au ralenti autour de moi. Je pose mes grosses mains sur ses épaules… Je l’entends frémir. Elle se lève lentement. Nos deux visages sont illuminés. On s’embrasse trop longtemps, sans mots dire, autour d’une tablée visiblement amusée. Caroline est là! Je l’embrasse. Nous nous félicitons de notre conspiration par internet. Elle est belle. Elle a pris du soleil et elle est complètement différente de la Caroline rencontrée quelques mois plus tôt, fraîchement débarqué du Québec glacial.

Je m’assied à côté de mon amour qui m’offre un verre de blanc. Ce fût la plus formidable gorgée de vin blanc du siècle! J’arrive de 26 jours sans boire du vin. J’ai trouvé ça difficile. J’aime le vin. Tout le monde le sait. La bière c’est définitivement plus mon truc. Mais je m’imaginais quand même mal prendre un bon verre de rouge chaud à l’apéro quand il fait 46 degrés et que t’a pas de frigo. Qu’importe! Me voici donc auprès de ma bien-aimée et ce soir, c’est bar ouvert et on mange de la viande rouge! Quelle délicieuse retrouvaille avec Laurence. On dort collée comme si ça faisait une éternité qu’on attendais ce moment. Une belle entrée en matière pour la suite de nos aventures!


Le lendemain, découverte rapide de Thamel, le coin des backpackers de Kathmandu. Il faut dire que je suis estomaquée: la propreté des lieux, le calme relatif dans les rues, la sollicitation beaucoup moins intense mais surtout l’abondance pour le touriste que je suis. J’entre fébrilement dans un supermarché et je m’esclaffe de joie! En m’observant, vous auriez diagnostiqué un léger retard mental. Je m’en fou complètement. Mes yeux se régalent et mes papilles jubilent devant tant d’abondance. La section de vins est bien garnies mais comme j’ai fêté fort la veille, je m’abstient. On doit faire du shopping rapide car Laurence est prête à partir en trek! Direction les Annapurnas! Je m’équipe pour 140$ de faux vêtements North Face. (vous savez ceux dont les coutures tiennent une semaine) Et voilà! On part pour une balade d’une semaine pour atteindre un sommet à 4000 mètres d’altitude. Nouveaux adieux aux amis et direction la montagne. 

Après sept heures d’autobus ultra-confortable, rapide et sécuritaire, nous arrivons à Pokhara. Cette ville a vraiment été un coup de cœur pour moi. Sise sur le bord d’un immense lac entouré de montagne, cet endroit est le temple mondial du Paragliding et aussi un lieu de rencontre pour tout les «passeports brûlés» de ce monde (lire ici un ou une hippie maigre avec des dreds et plein de percing qui fume des cigarettes ou bien des joints) On laisse nos affaires sur place pour être le plus léger possible. J’ai traîné ma grosse caméra jusqu’au bout et je me suis trouvé courageux. Le sac était lourd.


Je ne suis pas expérimenté en trekking mais disons que celle-ci m’a rappelé que j’avais rien foutu en Inde au niveau activité physique. Le temps s’est rapidement dégradée durant notre ascension, si bien que, nous avons décidé de rebrousser chemin à mi-course.  Trempé jusqu’aux os, on se réchauffait en se disant qu’on auras au moins essayé et que la mousson nous avait pris de cours. Dès le lendemain, des rayons de soleil caressaient notre peau. On a changé d’idée et décider de reprendre la route en mettant les bouchées doubles. Mince. C’était la meilleure chose à faire car notre niveau de satisfaction était à son paroxysme quand nous avons atteint «Annapurna Base Camp» La température à cette altitude change très très vite. Après quelques spectaculaires photos, le temps s’est couvert et nous nous sommes repliés vers nos quartiers. Le lendemain matin, c’était la brume et nous avons pris le chemin du retour. En deux jours, nous avons rejoins Pokhara. J’ai trouvé le retour assez difficile. La descente est éprouvante pour les genoux et je l’avoue, j’ai boité et ça m’a pris deux jours pour pouvoir remarcher normalement. J’étais heureux. On a fêté notre réussite en grand. Je conseille à tout le monde d’essayer ça une fois dans une vie. 



Pour moi le Népal c’est un sacré coup de cœur et il sur ma liste pour y retourner dans un avenir proche. Cette fois-ci, j’aimerais essayer le «Everest Base Camp». Avec un entrainement assidu avant de partir, je devrais être en mesure d’y arriver. Autre petit détail non-négligeable. Faire des balades en montagnes, ça coûte la peau des fesses. Pourquoi ? Premièrement le tourisme est la première source de revenu du pays et la majorité sont ici pour se balader en montagne. Deuxièmement, il n’y a pas de route carrossable ici donc tout est apporté à dos d’homme ou de mûles (plus souvent des hommes je vous dirais car être porteur est un métier ici) Donc le coût d’une balade avec permis, transport et nourriture chiffre assez rapidement. Moi qui me disais que la montagne c’était pas trop une place pour dépenser… J’avais besoin de beaucoup de protéines et de glucides pour me fournir de l’énergie, sans compter l’eau… Ça vaut quand même le coût je vous jure. Un des mes plus beaux souvenir de voyage.

De retour à Pokhara, on s’est payé une semaine de vacances. Littéralement. Quelle joie de retrouver de copieux repas à prix doux et l’ambiance très «laidback» de l’endroit. Il pleut et ça fait du bien. Les rues se retrouvent complètement dévastée. Il y a de la bouette partout. J’aime. On se paie une ride de motorbike jusqu’à une rivière lointaine. On a traversé des cours d’eaux, des villages, du terrain mou pour finalement arriver à ce sanctuaire. L’eau y est parfaitement fraîche et bonne. Au loin les montagnes. Personne aux alentours. Imaginez une rivière au Québec avec plein de roche mais plus chaude et surtout que l’on voit tout le fond! L’Eau est clair comme du crystal. Des petits poissons viennent nous chatouiller les orteilles. C’est un moment magique! 


Laurence décide avant de partir de se lancer en paragliding du haut de la montagne. Je ne l’accompagne pas car je n’ai plus d’argent et je me suis découvert une nouvelle phobie : j’ai le vertige. Tout ça à cause de la plongée. Il faut voir les choses du bon côté: qui c’est qui s’est fait photographié par un professionnel gratis durant son expérience? Mon amoureuse! Je la cherchais du regard sur le site d’atterrissage quand soudain j’entendis crier au-dessus de moi. Un tandem faisais de vertigineuses vrilles au-dessus de ma tête. C’était bien elle. Elle avait demandé à son binôme de la faire tourner, elle a été servie. Elle a été un peu malade à l’arrivée mais tout est rentré dans l’ordre! On s’est tape une orgie de légumes grilslé pour notre dernier repas et au petit matin, direction Kathmandu dans un autobus ultra-moderne avec wi-fi et banc auto-masseur. (ironie)

Le dernier jour à Kathmandu était autour du shopping qui s’est résumé à acheter 50% d’un bol métallique typique pour faire une musique de méditation. Je suis également allé faire un dernier tour de photographie de rue. J’ai commencé à développer cette activité en Thailande et franchement, j’y prend goût de plus en plus. J’ai rencontré un jeune homme plutôt sympathique du nom de Binod. Il m’a abordé avec ses copains alors que je prenais une photo d’un grafitti appelant à la démocratie. Il s’est déclaré communiste convaincu et m’a inviter à l’accompagner sur le campus. Nous avons longuement discuté de nos différences culturelles, assis tranquillement sous l’arbre de la santé. Oui je suis très sérieux. Lui et quelques-uns de ses amis viennent souvent s’y recueillir pour prier contre la maladie. Comme ils ne peuvent pas se payer un médecin, tomber malade au Népal signifie souvent un arrêt de mort ou une lourde hypothèque sur tout le reste de la famille. Ça fait réfléchir et je m’émerveille devant ce jeune homme idéaliste. Il me fait penser à moi il y a de cela longtemps. Il deviendra docteur en physique et espère faire comme ses camarades, fuir ce pays qui n’a rien à lui offrir. 


C’est drôle parce que plus je voyage, plus je me rends compte qu’on est bien au Canada... Peut-être même un peu trop bien. Soit on a trouvé la formule magique pour éviter la pauvreté ou bien on vit sur des conditions de vie emprunté sans se rendre compte que nos coûts sociaux sont irréalistes. Mais je ne partirai pas un débat d’idée là-dessus. J’ai déjâ abdiqué. J’ai perdu mes élections. Faisons comme tous les états censés de ce monde et mettons ça sur la carte! Après tout nous sommes riches! Comme aux States. Eux autres ils l’ont l’affaire! Je viens régler un débat de société en claquant des doigts. Binod connais trop bien le crédit mais pour l’heure, il doit retourner en classe. Je quitte le pas léger cette enceinte du savoir en me rappelant pourquoi je voyage. Pour vivre des histoires comme ça.

  
Adieu Népal, ce n’est qu’un au revoir. On s’en va en Europe avec trois avion et on commence notre périple avec presque une bouteille de blanc chacun. Au troisième vol, Laurence ne se sent vraiment pas bien du tout. Merde. C’est sérieux. Notre arrivée à Porto n’a pas été de tout repos. Le taxi de trente euros pour commencer et ensuite notre réservation annulée. Un transfert d’hôtel plus tard, un gentilhomme nous dépose devant l’urgence de L’hôpital. La douleur est franche. Se visage est crispée. Ça ressemble à une crise d’appendicite. Houlala! Ils décident de la garder en observation pour la nuit. Je l’embrasse et je rentre en taxi à l’hôtel. Il fait froid. Je suis exténué et inquiet mais je m’endors aussitôt après un si long périple. Bienvenu au Portugal!

Dave



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