mercredi 29 mai 2013

Jour 167 : UN MATIN COMME LES AUTRES

Varanasi, midi et quelques.

En me promenant insouciant sur le bord du mythique fleuve que l’on appelle le Gange, un étrange rituel attira mon attention. Un épais brouillard de fumée empli mes narines. L’odeur n’a rien de réjouissant. La chaleur du brasier fait frissonner ma peau. Partout autour de moi, la mort en direct, la vrai, crue et sans détour. Je sue à grosse goutte mais je garde mes petits soucis pour moi. Un jeune homme m’interpelle et jure devant Brahma qu’il ne veut pas de mon argent. Je suis perplexe. J’ai l’impression de m’être trompé de chemin. Aucune caméra n’est permise. Si tu la sors, on la jette dans le fleuve. C’est simple comme dans Respect. C’était donc vrai. Me voici face à une mascarade des plus étranges. Devant moi brûlent des cadavres sur des bûchers improvisés. Je vois clairement une paire de pied qui dépasse d’un bucher et les flammes danser sur les tibias. 

Les corps sont couverts d’un linceul. Le blanc pour les hommes et le rouge pour les femmes. Autour de nous s’activent des travailleurs aux traits fatigués. Ce sont pour la plupart des orphelins ou des hommes de castes inférieures. Aucune femme n’est admise sur le site. La légende raconte qu’une d’entre elle se serait précipitée dans les flammes lors de la crémation de son époux. Depuis, on leur interdit l’accès. La flamme qui sert à allumer le brasier serait l’œuvre des dieux. Elle est conservée depuis trois mille ans à même le bâtiment principal ou l’on procède à l’enregistrement des arrivants. Pendants que je suis extasié, plusieurs cadavres enrobés de couverture colorés sont respectueusement amené par des porteurs dans le Gange pour être «lavé» avant d’être déposé sur le bucher. Par le feu, ils rejoignent les dieux et seront réincarné comme le veut la croyance. De petits talus délimite clairement la caste à laquelle le défunt appartient. La jambe qui brulait s’est détaché du corps et est tombé près du brasier. Moment étrange. Je marche dans les lieux. Des tonnes de bois secs sont transporté chaque heure pour fabriquer les buchers. Des travailleurs exténués dorment à l’ombre près de moi. Des mouches couvrent leur corps. À coté d’eux, des excréments jonchent le sol. La tête me tourne. J’ai chaud pour vrai. Un homme transporte des os carbonisés à l’aide d’une tige de bambou fendue en deux et les jettent dans le fleuve. À côté, des chiens se lèchent les babines et attendent sur le rivage que l’homme rebrousse chemin. Tout près, des enfants se baignent, insouciants. Il paraît que l’on vient de partout en Inde pour avoir le privilège d’être incinéré dans cette ville sainte. Le dernier voyage, le dernier cycle. Le repos éternel de l’âme après le tortueux karma Hindu.

Quoi de mieux par la suite que de se réfugier à l’air climatisé pour oublier les tracas de la vie et la fatalité de la mort. Je m’en vais regarder un authentique film Bollywoodien pour me donner une idée à quoi ça ressemble. J’avais déjâ essayé à Mumbai de tenter l’expérience, mais sans succès. Le film avait l’air plate. Cette fois-ci, j’en ai eu pour mon argent! Un thriller policier autour de deux frères jumeaux séparé à la naissance qui se retrouvent et… bon… je passe les détails… Un scénario mauvais dans le genre, des dialogues à la… En fait, je ne pourrais pas le dire, le film était en Hindi alors… J’ai quand même compris que c’était pas très bon, pas super bien éclairé et que la violence faite aux femme dans la réalité se transpose aussi dans leur cinéma. (L’antagoniste qui frappe sa poule, puis ils s’embrassent et font l’amour… Pfff…) J’ai bien aimé aussi l’incontournable chorégraphie de danse d’hypersexualisation féminine qui complète bien ce film un peu trop long. Bref! La climatisation était sensationnelle pour une salle de cinéma crasseuse. J’ai quand même rencontré des gens sympathiques. On a même eu droit à un court entracte, histoire de laisser les gens aller chercher un popcorn (J’en connais une qui n’aurais pas ratée l’occasion) Retour à la chaleur accablante de la vrai vie : Je décide d’aller boire une bière pour fêter ça!

Assis dans un sous-sol crasseux près d’une génératrice éteinte de la taille d’une voiture, un homme m’offre gracieusement une carotte. Je croque avec vigueur et rinse le tout avec une gorgée de bière. Je devais seulement en prendre une mais je suis tout ému de cette rencontre avec quatres jeunes indiens avec qui j’ai partagé le 5 à 7. Me parlant tous en même temps, je me sentais comme une vedette ou une personnalité importante à une conférence de presse. Un des plus riches immersions que j’ai eu avec des locaux. L’inde a soudainement une âme. La pauvreté sale et misérable fait place à la sympathie et le partage. La bière coule à flot et j’ai envie d’embrasser tout le monde. On se trouve tous mutuellement des bonnes personnes. Après de chaleureuses poignées de main de mes nouveaux amis, ils me quittent sans crier gare car leur temps est compté! J’ai plus un rond et je dois retourner à la maison. J’ai appris plein de nouveaux mots que j’ai aussitôt oublié… Tout va trop vite! Depuis que mes amis sont partis, douze paires d’yeux me regardent finir ma bière en vitesse. J’entend roter à répétition. Je ne sais pas trop quoi faire… Un drôle de moment je vous dis! Ça fait oublier la route qui m’a conduit jusqu’à Varanasi.


Quelques jours plus tôt, J’arrivais à Agra, une grosse ville ordinaire ou se trouve l’une des merveilles du monde. Je devais rester une journée mais ça ne se passe jamais comme prévu ces histoires là… C’est une semaine de fête nationale en Inde (ou l’on célèbre particulièrement plusieurs mariages en même temps) et comme j’arrive un vendredi très tôt, le Taj Mahal est fermé. Impossible de réserver un billet de train pour m’échapper de la ville… Décidément, Pushkar me manque… J’ai donc rester une nuit de plus, visité le Taj Mahal (qui est ni plus ni moins qu’une tombe royale) tout fait de marbre blanc. Vraiment impressionnant mais… Même genre de clique à touriste qu’au Cambodge avec Angkor Vat! La seule différence c’est que j’ai payé mon entrée le prix que j’ai comme budget total d’une journée en Inde! En tout cas… J’ai une belle photo si quelqu’un veux me l’acheter… C’est donc décidé, je part sans billet, sans itinéraire, sans internet en direction de Varanasi… En bus local! Un peu d’aventure me fera le plus grand bien. Bien mal m’en prit... Outre le fait que la route m’a offert un spectacle de désolation, de curiosité et de prix Pulitzer, je n’ai jamais été en mesure de prendre une seule photo. Les bus locaux Indiens sont les pires. Premièrement dépourvu d’hygiène élémentaire, la crasse y est omniprésente. Partout des familles s’y entassent sans climatisation pour plusieurs heures. L’espace entre les bancs était bien insuffisant pour ma grandeur. Je crois bien qu’à la fin du trajet, j’avais les genoux noirs. Complètement déconseillé au touriste à cause du risque élevé du vol, mon sac à dos est à l’avant du bus seul sans surveillance et moi dans le dernier banc en arrière, dans le fond. Surchargé à pleine capacité, les gens ne veulent pas faire la route debout, donc on s’entasse bien serré. Pas de bulle. Mon gros sac caméra sur moi. Rien à faire sinon que de regarder le paysage défiler et les gens qui meuble cet éternel instant d’inconfort. Ça pue et je suis tout mouillé. 

Nous arrivons tard le soir dans une ville nommé Allahmabad. J’ai un mauvais pressentiment. À cause du nom. Ça fait quatorze heure que j’ai rien avalé. Je suis de mauvais poil. Après m’être vu refusé l’accès dans trois hôtel (no tourist allowed) et fait demander entre 75$ et 150$ pour une nuit dans un hotel de touriste plus une dispute avec mon chauffeur de vélo à trois roues, j’ai décidé de retourner à la gare d’autobus après avoir avalé un trio Marahajah Mac au McDo. Je pense que c’est le trio de marde de clown le plus réconfortant que j’ai mangé de toute ma vie. J’ai même bu la liqueur!(Un gros coke sale... Vraiment j'étais en crise d'hypoglycémie) Malade!!! Un employé m’a donné l’information sur le prochain départ. L’espoir renaissait que j’allais bientôt profiter du repos du guerrier. L’autobus arrive. Tout le monde court. Me fais pousser. Je pousse. Tabarnak. C’est la vie ici. Vingt-deux heures et demi après mon départ de Agra, j’arrivais dans ce petit guesthouse au confins d’une ruelle servant de toilette aux habitants de cette gracieuse ville. Bienvenue à Varanasi mon beau! Un douche plus tard, je dormais déjâ sur mon lit fait de bois avec une grande roche plate en guise de matelas. La panne d’électricité hebdomadaire m’a violemment extirpé de mon sommeil. Mon ventilateur avait cessé de fonctionner.

Une autre ville surpeuplée. Plusieurs touristes dans les rues cette-fois ci. Dans le lobby de l’hôtel, j’ai fais la connaissance de Johnny Wu. Un sympathique chinois avec qui j’ai commencé à discuter. Nous avons convenus de trouver un autre guesthouse un tantinet moins crasseux. Et nous avons déménagé ensemble dans une chambre climatisé au cœur de Varanasi, au fond d’une interminable ruelle aux innombrables racoins. Ça a été les deux meilleures nuit de tout le mois de mai. Aimer le soleil et la chaleur à toujours bien une limite... J’ai atteint cette limite. Le Mexique c’est rien à côté de ça. Comme me disais le propriétaire de mon dernier guesthouse (car j’ai déménagé de nouveau) «Tout le monde souffre de la chaleur en Inde, ça fait parti du karma!» Johnny est parti pour Darjeeling. On se retrouve en principe à Pokhara dans quelques jours. J’ai eu un «mancrush» pour ce mec-là. Il incarne un autre visage de la Chine. On discute de pleins de trucs durant ces trois jours passé ensemble. J’ai envie de visiter son pays. On rencontre des touristes japonais à notre guesthouse. Je suis le seul blanc. Tout le monde est jeune et exalté. Je foutais quoi moi, à vingt-quatre ans à ne pas voyager à travers le monde ? Qu’importe!

Je pars aujourd’hui rejoindre Laurence au Népal. Elle ne le sais pas encore... Je lui ai raconté que je poursuivais mon périple jusqu’au début juin mais j’ai tout planifié avec la complicité de notre amie Caroline avec qui elle passe toute ses journées. J’ai bien hâte de la serrer dans mes bras. En attendant, j’ai treize heures d’attente à l’aéroport de Delhi. En espérant qu’ils ont l’internet! Bye bye!
Dondewad!

lundi 20 mai 2013

Jour 159 : QUARANTE-SIX DEGRÉS À L'OMBRE


Rajasthan. 10h22 du matin. Installé confortablement sur mon lit crasseux, je prend du temps pour vous écrire à vous mes parents, mes amis. Il fait salement chaud ici. Je regarde les bouteilles d’eau vide qui trainent sur le rebord de ma fenêtre. Méchante empreinte environnementale. Jamais eu chaud comme ça de ma vie. Je sue juste à taper sur l’ordinateur. L’Asie c’est frais comparativement à ici… Dans la rue, j’entend des cochons couiner. Des sangliers pour être plus précis. Comme dans Astérix. Pourquoi ils sont là ? Je vit dans un monde végétarien maintenant ! Oui je l’affirme haut et fort : La viande c’est mal! Ah oui! Pourquoi ? Parce que les sangliers en question se nourrissent des poubelles humaines, mange de la bouse de vache et boivent et se baignent dans les eaux brunes et vertes des égouts à ciel ouvert dans ma rue. Un jour quelqu’un va débarquer avec un camion, les ramasser un à un et va les vendre en ville aux Chrétiens et aux Hindus! Dégeulasse!!! Je vais faire un «flashback» pour vous expliquer comment j’ai atterri ici, à Pushkar. 

Le temps file à une vitesse folle. Pour ma dernière journée à Mumbai, je décide d’offrir une bière à Usha pour célébrer mon départ. Aussitôt nous nous engageons dans une ruelle étroite et crasseuse. À ma droite, un homme sans connaissance cuve son vin appuyée sur la roue d’un jeep. À ma gauche, un gros rat se faufile dans un trou qui donne sur les égouts à demi-overt sous nos pieds. Pas de doute, on se dirige vers le «English Wine Shop» Une grosse «Kingfisher strong» acheté plus tard, (elle a choisie un budweiser… Allez comprendre… Elle ne l’a pas trouvée très bonne d’ailleurs) Usha me propose d’aller la boire dans la rue. Dommage. J’aimais bien ce coin trash ou les indiens boivent sur place à l’abri des regards. Aussitôt assis dans la rue, un policier fâché nous interpelle. Mon poul commence à s’accélérer. J’aime pas la police. Depuis que je suis tout petit. Tout le monde qui me connais le sait. Mon premier film est assez éloquent à ce sujet. (tsé l’histoire d’un gars qui a plus rien à perdre pis qui tire sur la police… Sacré Tarantino! Tu m’a bien influencé mon coquin!) Mais revenons à nos moutons.

Donc mon poul s’accélère. Le moustachu comme à s’énerver en parler fort en hindi (à ce moment, mes muscles se crispent, j’ai plus le gout de boire) Pendant trois minutes interminable, Usha  argumente avec la police à propos de moi et je ne comprend que dalle, toujours à demander aux 20 secondes : what’s up? Finalement, la police sort son cellulaire, prêt à m’embarquer. Évidemment c’était de la frime. On a donc «régler» l’incident (la police corrompue, vous connaissez?) avec un paiement en liquide. Une piastre et quatre-vingt sept sous plus tard, on est de retour dans la ruelle crasseuse, à rire de l’incident, je me paie une deuxième bière pour fêter ça. Le salaire moyen en Inde est de 8$ par jour pour un policier standard. Ca vous donne une idée comment il était content le monsieur. Si il m’avait embarqué, c’est son supérieur au poste qu’il aurait mis le 1.87$ dans ses poches. Toute la passe du cellulaire était du pipo. Usha me l’a confirmé. J’ai eu ma leçon ! Difficile de s’adapter après quatre mois en Asie (ou tu peux boire partout partout partout!) Je dis au revoir à Usha et je m’embarque dans un train en direction de Udaipur et j’en profite pour poster un paquet remplie de poudre à ma mère (des épices voyons! Arrêtez de pensez croche!) La poste indienne est moins pire que la poste Vietnamienne. (À l’heure ou j’écris cette ligne, mon paquet est déjâ rendu. Ça juste pris deux heures au bureau de poste.)



Après un premier train climatisé glacial (j’ai gelé comme… comme au Québec!) assailli à chaque demi-heure par des vendeurs de bouffe, de thé, alouette! J’Ai transféré dans un train de nuit. Là j’ai eu chaud comme c’est pas possible. Après 18 heures de transport, bien content d’arriver. Udaipur est une ville… tranquille. Je reste dans un hôtel assez loin du centre-ville et de plus, j’y suis le seul client. Après une journée de repos bien mérité, je me risque au centre-ville. Klaxon, pollution, pauvreté. C’est pas long, je commence à être fatigué de tout ça. J’en viens même à arrêter de prendre des photos. Tout le monde veut de l’argent contre une photo. Là je rend compte que le tourisme a aussi des mauvais côtés. Tout les enfant qui quêtent et toutes ces mères monoparentales ont la même réplique. Apprise par cœur. Très difficile de faire abstraction. Mon budget a descendu drastiquement depuis Mumbai. J’en suis à 12$ par jour, incluant les transports. Ça veux dire deux repas. Ça veut dire qu’il faut que j’y pense à deux fois. Ça veut dire que si j’aide tout ceux qui me demande de l’aide, c’est 50$ par jour que je vais donner. Tout ça pourquoi ? Pour que ces gens puissent faire de l’argent et le donner à quelqu’un d’autre.

Donc un message aux touristes au grand cœur et aux grandes poches : Achète des mangues, coupe-les avec ton petit couteau suisse en inox que t’a payé 75 piastres garantie à vie pis partage ton kilo à 85 cents avec le monde dans la rue. Autrement, ils t’amènent dans un commerce avec qui ils sont de mèche et te font acheter de la bouffe trop cher qu’ils vont revendre aussitôt que tu as le dos tourné. Tu veux aider des enfants? Tu veux aider le monde? Il faut que tu donne ton temps et que tu fasse une des activités humaine les plus fondamentale : Prendre en photo ce que tu mange et le poster sur les réseaux sociaux! :D Mais NON! C’est une mauvaise blague!!! L’activité fondamental c’est… Manger! Quand tu voyage, ca prend une autre dimension. On dirait que quand tu es chez vous et que tu mange tout seul, c’est pas grave. Tu es dans ton environnement. Tu as la télé ou l’internet. Tu mange ton plat favori ou bien une marde préfabriqué parce que t’es trop lâche, fatigué… Ici, partager un repas est une activité qui rehausse ton expérience humaine. Barrière de la langue, goûter des nouvelles saveurs, apprendre des coutumes, découvrir, aimer, détester. Bref! Inviter des gens à boire un thé ou à manger, c’est quelque chose de vraiment bien. 

Je suis donc fatigué de toujours me faire demander de l’argent, sollicité pour un service. C’est à croire que je cherche seulement à consommer tout le temps quand je ne dort pas! Une autre mentalité… Perception différente… Finalement… Je suis un peu tanné de la ville. Je m’y sens axphysié. Le chauffeur de tuk-tuk essaie de me «fourrer» pour une ride de trois minutes. Je suis conscient que je dois payer plus cher mais pas dix fois plus cher… Je marche… Je court! J’ai le temps! C’est pas agréable marcher ici. Le trafic, les klaxons, la saleté. Me lave les pieds avant de rentrer ma chambre. La bouffe est infecte à mon hôtel. Ca fait un bout de temps que j’avais pas manger de la viande et me suis dit : à souère mon beau, un poulet masala. Ouin. Le pire masala de ma vie. Il goutais le surit ce poulet. On dira ce que l’on voudra : c’est pas en Inde que j’ai mangé le meilleur de la bouffe indienne. Je dirais plus Kuala Lumpur. Avec Laurence! Tiens! Ma blonde Laurence! J’ai pas eu de nouvelle depuis un bout de temps. Partie faire une balade au pied des neiges éternelles de la région de l’Himalaya. Je m’ennuie. Je décide d’occuper mon esprit en fabriquant mon site internet. Depuis le temps que j’en parle. Il faut bien que je sois à 14 mille kilomètres de chez moi pour faire ça. J’ai du temps le soir! J’ai pas vu beaucoup de touriste. Il y a longtemps que je n’ai pas parlé français. C’est étrange. Décidément, besoin de calme. Je décide de m’enfonçer dans le Rajasthan. Comme j’ai seulement un mois, je dois choisir les lieux avec précaution. Mon chois s’arrête sur Pushkar. Je décolle d’ici!

J’y suis arrivé tard le soir (vous connaissez le indian time? Si on vous dis que vous y serez vers 6hpm, ajoutez 3 heures pour éviter la déception) Comme je mourrais de faim après une journée sans manger, j’ai pris la décision de me faire avoir par un tuk-tuk qui m’a amené directement de la gare d’autobus de Ajmer jusqu’à mon hôtel. Rappelez-moi de faire une critique assassine sur trip advisor concernant le Mewar Inn de Udaipur qui m’a vendu le billet d’autobus en direction de la mauvaise ville. C’était de l’aventure, j’en conviens, mais mon budget a vraiment pas aimé ça. Donc, cet hotel très correct à 3.75$ la nuit inclus aussi une piscine. Ce n’est que trois jours plus tard que j’ai enfin eu la délicate sensation de me baigner dans de l’eau propre dans un climat semi-désertique avec le soleil d’une puissance inquiétante. Pushkar c’est vraiment un endroit que j’adore. Je crois que je vais rester un temps. Une ville sainte comme on dit. Ma première sortie à été un peu désagréable (je me suis perdu en banlieue, arrivé dans un slum, me suis faite suivre et quêter et j’ai finalement trouver refuge dans un quartier résidentiel.) Là j’ai rencontré mon premier ami, Asheem, qui m’a invité dans sa maison et m’a présenté à sa famille. Wow! Une maison indienne. Pour vrai. Son vraiment gentil. Ils me laissent prendre quelques photos mais j’ai pas beaucoup de lumière. Je lui envoie copie par courriel des photos pour le remercier. Ouf! Ce gars-là à sauvé ma première journée. Je soupe à l’hotel car la bouffe y est délicieuse et je me régale de légumes frais (plus capable en sauce!) En carence de légume deuis mon arrivé en Inde, j’ai enfin un réconciliation avec mon estomac. Petit mot en passant sur la bouffe indienne : C’est bon mais après deux semaines, tu m’en reparlera! Toujours la même base d’épice avec des légumes, du pain des patates pis du fromage. Ca devient monotone Il n’y a pas de viande à Pushkar. Pourquoi ? Parce que c’est une ville sainte (fondé par je ne sais plus quel dieu, Vishnou je crois) Alors ici c’est le paradis des végétariens. Je croise d’ailleurs quelques touristes habillés en mou avec des chevelures louches. Je ne dis pas qu’il y a un rapport entre eux et le végétarisme mais disons que la région est propice à ce genre de clientèle. Pas d’alcool non plus. Interdit. Partout dans le centre-ville. Ça commence bien. 


Je part à la découverte du coin. Je me perd dans un quartier mal famé et je me fais harceler, suivre. Je suis au milieu d’un mini-bidonville. Au loin, un grand rassemblement religieux. Les hommes d’un bord, les femmes de l’autre. Autour de deux mille personnes écoute un discours dont j’ignore le propos. Laissez-moi vous dire que le caucasien avec un t-shirt blanc pis une grosse caméra dans les mains ne passe pas inaperçu. Je me retrouve encerclé de jeune. Tout le monde se pousse pour se faire prendre en photo. Je me laisse prendre au jeu (pas vraiment le choix) Cinquante photos plus tard, tout le monde me serre la mains, je me sens comme un grand explorateurs qui fait une série de portraits dans l’inde rurale. Évidemment, personne n’a de courriel (comme mon père) pour que je puisse leur envoyer la photo. Je remercie tout le monde. (En me promettant d’en sortir deux ou trois pour les montrer dans mon exposition.)


Je vous avais pas dit ça ? Laurence et moi, on veux faire une exposition de photographie de voyage (un espèce de vernissage si vous voulez) On veut exposer nos photos et essayer de recueillir des dons (à la discrétion des gens) pour financer la post-production du documentaire qu’on a tourné en Asie. Vous serez donc invité à participer à ce projet et c’est cool parce que vous aurez : A) Une photo de votre choix B) Une copie numérique du film C) Votre nom dans le générique D) Une invitation à l’avant première mondiale du film. C’est génial non? 


Je fais donc la connaissance dans un petite ruelle d’un jeune homme nommé Asheem. Il m’invite à entrer chez lui. À l’intérieur, une mini-usine de textile au rez-de-chaussé et la résidence familial aux étages supérieure. Ils n’ont pas l’air riche mais heureux. On discute un peu et je suis... intimidé. On prend quelques photos et me voici de nouveau parti. Je trouve finalement le centre-ville et me fait apostropher par gens sympathique et aussi… les autres. Je pense que le plus comique à été ce jeune homme qui parraissait fort sympa jusqu’à ce qu’il devienne un peu trop insistant et demande de l’aider à faire un virement d’argent par internet. Je déteste me faire demander de l’argent mais je déteste encore plus me faire prendre pour un con. 



La ville de Pushkar est construire autour d’un… disons un lac dont les berges sont bétonné. Chaque jour, la population viens se purifier dans cette eau infecte que je soupconne de servir de dévidoir pour les égouts de la ville. (Il s’agit là d’un grand paradoxe que de se purifier avec de l’eau d’une saleté indescriptible.) Malgré tout, il semble exister une infrastructure d’écluse et de canaux qui permet d’amener l’eau des montagnes durant la saisons des pluies. Ça permet de changer l’eau du bain. Évidemment, encore là, des touristes fortunés donnent 3000 roupies (60 piastres) à un kid de seize ans qui parle bien anglais pendant cinq minutes pour recevoir un peu d’eau sale sur eux et sur leur noix de coco déséchée et réciter une prière dont ils ne saisissent pas trop le sens. Ils te donnent un bracelet gratuit à la fin. Ah! J’ai pas eu droit au bracelet. J’ai pas embarqué dans la mascarade et j’ai donné 22 roupies au kid pour son temps. Ça valait pas plus que ça. D’habitude, l’argent va dans la boite à donation, pas dans les poches du kid. Il était pas content le petit. Savez-vous pourquoi les gens voyagent en Inde ? Parce que c’est pas cher. Tu peux vivre avec deux cent piastres par mois ici. Tu trouve des chambres entre 2$ et 1000$ dans la même ville. Après quelques photos volés (car c’est interdit de prendre des photos, sauf quand tu paie le gros prix) Je suis allé dans les petites ruelles dire «namasté» au monde. Sympa. J’ai alors rencontré mon deuxième ami.



Son histoire est hors de l'ordinaire. Il s’appelle Ashok et il est exportateur de vêtement et aussi fermier. Il a eu la chance extraordinaire d’être pris en charge par un touriste Allemand. Imagine le scénario de film : (je ne sais pas si c’est vrai mais en tout cas ca vaut la peine d'en parler) Ashok parle peu anglais et travaille pour un patron qui fait des vêtements sur mesure. Il est derrière sa machine à coudre, dans le commerce avec vue sur la rue. Le touriste Allemand (qu’il appelle affectueusement German Father mais que je nommerai GF pour les besoins de l'histoire) s’approche de lui et lui demande si il peut réparer sa chemise qui est déchirée. Bien sûr qu’il répond. Deux minutes plus tard, il lui rend la chemise. GF le remercie et lui demande combien ça coûte ? «Rien» lui répond Ashok. C’est gratuit! GF insiste mais il ne veut rien savoir. Intervient alors le patron de Ashok qui est en colère, demande à l'Allemand de lui donner 100 roupies et en profite pour frapper Ashok. GF est scandalisé. Ça tourne au drame et aux coup. Ashok perd son emploi. Il n’est pas désepéré, il a une ferme familiale ou il fait pousser des oignons. GF lui propose alors d’être son chauffeur personnel pour un road trip de cinq semaines en Inde. Il accepte, tout content. Armé d’un dictionnaire et d’une voiture climatisé, il fait la connaissance de ce touriste qui deviendra comme son deuxième père. il rencontre par la suite la famille de Ashok, visite la ferme, etc. Ashok lui parle qu’un jour, il rêve d’ouvrir sa propre affaire à Pushkar pour aider sa famille. Surtout, le père de Ashok espère qu'il brise le cercle du fermier sans éducation. C'est tellement important de connaitr eune deuxième langue. Je ne le dirai jamais assez...

Le jour de son départ, son« deuxième père» donne à l’aéroport une boîte de chocolat à Ashok. Il lui dit de partager avec sa famille. En ouvrant la boite à son retour, il découvre, caché sous les chocolat, une liasse de 80 000 roupies (1500 $). Estomaqué, il l’appelle pour lui demander ce que signifie cet argent. L’Allemand lui répond qu’il a six mois pour ouvrir son commerce, autrement il doit lui redonner l’argent en entier. Ashok a réaliser son rêve. Il est maintenant un jeune entrepreneur prospère et exporte ses designs et ses créations jusqu’aux Etats-Unis. Et vous savez ce qui est le plus beau dans tout ça ? Quand quelque’un vient à sa boutique pour faire réparer un morceaux de vêtement, peu importe d’ou il vient, Ashok le répare tout à fait gratuitement...

Ça mesdames et messieurs c’est une histoire inspirante. Ça c’est de l’humanité. Il y a encore de l’espoir dans le genre humain avec une histoire comme ça. Depuis, mon ami Ashok me dit que son bonheur il le vit avec sa femme et ses enfants, qu’il n’est pas uniquement obsédé par l’argent (maintenant que ses affaires roulent) et moi je l’admire ce mec là...  On boit un tchai et il se met à me raconter toute sorte d’histoire fascinante sur sa culture. Comme l’histoire des vaches. Un totem pour les indiens. Tout le monde sait qu’une vache sacré en Inde fait ce qu’elle veux, elle mange, chie et s’asseoit ou elle veut et personne ne va l’incommoder. (Ce qui crée quelquefois des embouteillages ou des incidents malheureux comme un touriste en gougoune qui pille dans un tas de m...) Ils prélèvent aussi le lait de la vache et la peau (Shut! Pas tout le monde le fait mais le cuir a une bonne valeur de revente) quand elles meurent. (Pas d’abattoir ici, que de la mort naturelle) Bon, elle mangent dans les poubelles aussi alors je regarde toujours deux fois mon thé tchai au lait avant de le boire…  Et la carcasse que devient elle ? Ni plus ni moins qu’un festin pour les chiens. Quand il y a en une qui trépasse, toute la communauté canine fait un gros festin. C’est fou quand on y pense.

Ashok décide de m’amener dans un restaurant en dehors de la ville ou on peut manger du poulet et boire de la bière. Assis dans un jardin avec vu sur les montagnes. On boit de la bière en cachant les bouteilles sous la table (Pour ne pas mal paraître face au gens qui passent dans la rue et qui pourrait nous voir et nous juger) On a mangé notre souper éclairé à la flashlight de mon téléphone. Ça c’est des moments précieux de voyage. Le lendemain, j’ai partager un lunch avec lui et ses amis, employé, commercants. Assez basic mais somme toute intriguant. On s’asseois par terre sur le plancher de la «shop», tout le monde sort des cylindre d’aluminium dans lequel il a des sauces et et du pays qui ressemble à des pitas nommé «chapati». Les sauces sont faite par les épouses des gars en question. En Inde, un gars qui va travailler se fait préparer son lunch par sa femme (comme dans le bon vieux temps ici ;) Honnêtement c’était pas extraordinaire. Le seul légume auxquel on a eu droit était un oignon rouge cru avec du sel pis du poivre. Les sauce était remplie de patate, de poix et de mais. Le moment était plus féérique que le repas. De voir ces indiens sur leur heure de dîner, rigoler et se raconter des histoires en Indu. Pur délice. Je me demande pourquoi je quitte cette ville…

Merci pour tout mon ami. Je suis parti le lendemain après une dernière baignade à mon hôtel et une solide poignée de main à mon ami Ashok. J’ai enfin rencontré des touristes, dont un belge. Ça faisait un bail que je n’avais pas parlé français. Un dernier coup d’œil en ville. Un peu de shopping pour ma belle Laurence. J’ai d’ailleurs eue des nouvelles de cette charmante jeune demoiselle. Elle se porte à merveille au Népal, au grand air avec ses amis du Québec. Tiens, me fait encore offrir du hash à fond la caisse. Faudra que j’essaie un spécial Lassi avant de quitter le pays. Fumer est hors de question pour moi mais boire… mmmh… Peux-être que je me laisserai tenter. Je veux juste pas faire ça tout seul… Nous verrons bien. En attendant, direction le Taj Mahal baby!



Merci David Vachon de m’avoir inspiré à écrire ce post!



A+! J'adore cette dernière photo :) Je l'ai intitulé: «Take home hapiness»

dimanche 5 mai 2013

Jour 144: BOLLYWOOD!


Ça été un choc. Arriver seul en pleine nuit à Mumbai a mis mes sens dans un état d’alerte maximale. C’est ici le chaos! Je croyais que l’Asie était le bout du monde. Ben non. Je suis dans la 2e plus grosse ville du monde après Tokyo, je m’adapte assez rapidement et cette fois je me sens réellement comme un backpacker paumé. J’ai été chanceux tout de même, j’ai rencontré un gars de Toronto à l’aéroport et on a partagé le taxi et la chambre d’hôtel la première nuit. Ça été moins brutal sur le budget. Super sympa le mec, il partait le lendemain pour une croisière de trois semaines en direction de la Grèce. Moi je restais dans mon hotel… En fait c’est pas vraiment un hotel. C’est plus un guesthouse pas propre qui pue avec toilette commune, pas de clim, pas d’internet, pas de papier de toilette, pas d’internet, bref! Me sens comme un backpacker paumé. C’est ce qui a de moins cher dans la ville la plus cher de l’Inde. Sinon il y toujours la Salvation Army mais après avoir lu sur internet, j’ai décidé de me garder au moins un semblant de dignité… Je me répète sans cesse que je suis libre d’être ici et c’est là toute la beauté de la chose. 
J’ai donc un budget restreint de 28$ dollars par jour pour tout le mois en Inde, incluant les transports. Ce qui veut dire que ca me laisse environ 13$ par jour pour vivre. Fini les cinq à sept. J’ai bu une demi bière hier enveloppé de papier journal pis je me suis fait regarder comme le fils à personne. Pas le droit de boire dans la rue. L’alcool ici c’est mal. Le hash c’est plutôt cool! Dommage que j’en consomme plus. C’est correct. Je choisi judicieusement mes dépenses et je suis cheap cheap cheap sur tout. (J’ai même voler du papier de toilette au starbuck ce matin… Ouaip! Je suis rendu là…) En fait jusqu’à la fin du voyage, je devrai être serré car les belles dépenses sont bel et bien terminée. Je ne voudrais surtout pas être à sec avant la fin du périple. (même si c’est ce qui risque d’arriver) Gros achat la première journée : une bouteille de liquide à verre de contact! Hier: un livre de Noam Chomsky (qui est passionnant ma foi!) Ici la pauvreté est à tout les coin de rue. C’est aussi une catastrophe écologique et humanitaire. Tout le monde le savais déjâ. C’est cependant plus brutal quand c’Est dans ta face. Partout l’influence colonialiste anglaise prédomine dans l’architecture. Je suis un peu sur mes gardes chaque fois que quelqu’un tente de me parler.

Premièrement on est dans une grande ville donc la première impression sur les indiens est sûrement biaisé. Son pas toute beau pis fin pis souriant. En fait, ils ont plutôt des air de pas content. Tout le monde me fixe du regard. C’est un peu lourd. Je ne voudrais pas être dans la peau d’une fille. Des hommes partout. En groupe. Quelques femmes au travers mais très peu qui travaillent. Quelquefois j’ai droit à un sourire et je rend la pareille. Sinon plein de gens veulent que je les prenne en photo et sont très content! J’essaie de me garder une gêne et de ne pas juste photographier les côtés sombre de l’inde (comme du monde pauvre couché dans la rue couvert de plaie qui attendent la mort, n’ayant plus la force de bouger ni de parler…) Je me promène et je ne vois pas de touriste, je suis tout seul de blanc, première fois que j’expérimente profond dans une société dont que je ne saisi pas encore bien les rouages. J’aime.

Ici c’est le chaos pire qu’en Asie, du monde partout, tout le temps. La population est partagé entre Hindu, Musulmans et chrétiens. Des fois ils se battent entre eux et il y a des morts mais c’est moins pire qu’avant. Je me suis fait des amis à Mumbai. Certains ne parlent même pas anglais mais c’est pas si grave. On rit ensemble de ne pas se comprendre. Je reste sur un coin de rue et tout le monde vient me voir à tour de rôle pour me demander de l’argent. Je reste stoique et je souris. C’est dur de dire non mais je m’adapte. Autrement, je fais la connaissance de quelques mendiants du coin qui parlent rudement bien l’anglais. Ce sont eux mes amis. Après avoir traversé la barrière du «non je ne te donne pas d’argent», je fais la connaissance de Usha Kale, un dame très gentille avec un grand cœur qui essaie juste de vendre des carte postale pour survivre. C’est une femme forte et qui porte des blessures en elle mais elle survit et c’est très inspirant d’être dans la rue et leur poser des questions sur leur existence. Juste avec ça, je pourrais faire un autre documentaire.

Pour l’instant ma caméra vidéo est réduite au silence. Je prend des photos et je vit l’instant présent en me rapprochant le plus possible de la réalité mordante qui afflige ces gens au quotidien. J’aime leur dire que je suis un homme comblé qui n’a pas besoin de toute ces cochonneries que l’on m’offre continuellement dans la rue. J’ai l’amour d’une fille et c’est tout ce qui compte. Usha me répond par l’affirmative. On passe un peu de temps ensemble, c’est plaisant de discuter et nous pratiquons ensemble notre anglais. Après une visite riche en photographie de la célèbre «Dhobi Ghats giant Laundry de Mumbai (5000 personnes y travaillent pour laver les vêtements des grandes entreprises et du gouvernement) Je décide de m’atteler à mes objectifs primaires de ma visite de Mumbai.

Slumdog millionnaire

J’ai récouté le film. Toujours aussi bon. Je rêvais de jouer dans un bollywood movie et ce rêve ne se concrétisera pas car il n’y a pas de demande en ce moment. Bien sûr, pour me décevoir un peu plus, le directeur de casting m’a affirmé au téléphone qu’il cherchait des filles pour un tournage cette semaine. Ouin… Ma blonde aurait probablement joué dans un film si elle était venue se pointer le nez mais elle en a décider ainsi. La vie est surprenante. Mon attente en face du café Léopold (là ou les touristes sont recrutés pour jouer dans les films) n’aura pas été vain car j’y ai rencontré Usha et d’autre indiens qui m’apporte beaucoup de joie et d’expérience. On a même planifié une activité ensemble. Je lui ai demandé de m’accompagner dans le slum de DHARAVI, le plus imposant de toute l’Asie. Ça c’est un peu plus de l’aventure. Je vais devoir la décrire en détail car je n’ai aucune photo.

On est parti un matin, j’ai tout laissé à l’hôtel donc pas de photo, pas de passeport, pas de bijou, pas de sac, rien! Juste assez d’argent pour le transport et de quoi boire sur la route. Après un train et un tuk-tuk, on est arrivé. Je l’ai su à cause de l’odeur infecte qui a  agressé mes narines. Un mélange de… de… Je ne donnerai pas de détails mais c’est assez répugnant merci. Une vision d’horreur mais moins pire à ce que je m’attendait. Partout la saleté, les trottoirs qui servent de toilette donc il faut marcher dans la rue (et les gens sont assis sur le trottoirs et font leur besoins directement devant toi, au soleil!) Un paysage d’immenses tuyaux remplie d’eau provenant de la ville au loin avec ses gratte-ciels en construction. En avant plan, des tonnes de déchets mélangés à des excréments. L’odeur de plastique est plus forte que la merde. À droite un vieil homme fouille dans les déchets pour en extirper les bouteilles. Autour du slum de Dharavi, un canal ou une eau noire et verte stagne et émane ses effluves au quatre vents. Plus loin, une épaisse couche de détritus couvre complètement le cours d’eau. Une vision post-apocalyptique! Imaginez un canal de 60 pieds de large qui ne contient que des poubelles. Ça donne froid dans le dos.

Contrairement à ce que l’on pense, le slum n’est pas seulement un endroit ou tout le monde quête et cherche à vous voler. Bien sûr j’avais pris toutes les précautions et j’écoutais attentivement les instructions de Usha. Il s’agit d’une micro-société dans lequel il y a des commerces et une économie parallèle. Il y a même des artères commerciales, des immenses tour en construction partout, (des futures condos!) des villages de blocs moyens qui ressemble à des anciennes prisons (les gens plus fortunés du slum les habitent) et enfin des cabane tout croche ou tout les plus pauvres sont entassé. Quand on parle de disparité sociale, c’est ici que ça se passe. On parle de 250 000 personnes au kilomètre carré et pas moins de 5 millions de personnes qui vivent dans ce slum. Un peu moins que la moitié de Mumbai est un milieu dans lequel tu ne voudrais pas te retrouver seul la nuit. Après avoir fait le tour du slum, on est passé aux choses sérieuses. Usha était un peu nerveuse mais nous sommes finalement entré en se bouchant le nez pour traverser  le pont au-dessus du canal de l’éternel puanteur. 


Ce fût magique. Je m’en souviendrai toute ma vie. Promiscuité. Des enfants qui jouent au baseball anglais, la tuyauterie apparente dans des ruelles étroites, le regard hébété, amusé, dur et curieux des gens, les sourires, les petites portes partout, les odeurs, un salon de massage, la crasse sur les murs, les yeux vers le ciel et les taudis montent jusqu’à trois étages, des coins sombres, le jus qui s’écoule sous nos pieds, je demande à Usha de ralentir. Elle est un peu nerveuse. Deux ans qu’elle n’est pas venue ici. On prend une pause pour boire un tchai. (thé au lait sucré) Les gens nous observent. Je suis le plus loin de chez nous que je n’ai jamais été. Je n’ai rien sur moi, tout comme les gens autour de nous et c’est là toute la beauté de la chose. On bavarde tranquillement. Un court moment de grâce. Retour au centre-ville assis par terre dans le train.

J’apprécie bien cette femme qui m’a fait découvrir un endroit terrifiant et merveilleux à la fois. Je décide de lui donner un coup de main. Je veux la préparer à faire des tours de slum pour les touristes backpackers. Je lui explique quelques notions de base au niveau des affaires. Elle veut tellement apprendre mais elle ne sais ni lire, ni écrire et son anglais est de base. Elle n’est jamais allé sur internet. Elle a des rêves. Je tente de l’aider à les accomplir. Nous avons donc fait un tour de slum pour qu’elle puissent en faire profiter à d’autre touriste. Je vais ouvrir un forum sur tripadvisor à son sujet. Je vais lui donner une base de clientèle, j’en suis sûr. En échange, je lui fait promettre d’étudier son alphabet quinze minutes par jour, tout les jours.

Je lui explique et lui martèle sans cesse : «Knowledge is power. If you’ve got knowledge, you will get money and if you have money, you will share it in a way or another around you. Knowledge is reading, writing and knowing the business language.» Elle aime vraiment que je lui donne des idées. Nous travaillons cet après-midi sur la diversification de ses sources de revenus et sur le magasinage d’une nouvelle paire de sandale. Oui j’investi dans sa business et dans son avenir et demain, j’irais lui montrer pour la première fois de sa vie ce qu’est internet. On va lui créer une adresse courriel, je vais la configurer sur son téléphone et ainsi on pourra s’envoyer des photos. Je lui fais promettre aussi de m’écrire un courriel des qu’elle sera en mesure de le faire. C’est ma réalité à Mumbai et je suis bien content de pouvoir aider quelqu’un à s’émanciper.


Petit intermède pour vous dire combien la situation de la femme est poche en Inde. On dit que le nord est encore pire… Mhhhmm… Je suis définitivement au cœur d’une société patriarcale et je ne voudrais pas être une femme ici et devoir me taper la face de mépris que les hommes font aux femmes ici… Ici elle sont battues et violées dans des proportions alarmantes. Quand je vous disais qu’elle a des blessures profondes mon amie Usha, disons qu’elle évite certains sujets... J’ai remarqué ça de façon plus frappante aujourd’hui en marchant dans la ville avec elle. La manière dont les hommes la dévisagent. Peut-être parce qu’elle est avec moi? Étrange pays… Voilà c’est dit. Si il reste des féministes engagées dans notre monde qui se cherche de la job, déménagez donc en Inde, ici vous allez en avoir pour longtemps! Fin de l’intermède.


Demain dernière journée. Je prépare mon itinéraire pour mon départ le jour suivant. Direction le nord en train je ne sais pas ou encore. Je me dirige vers le Rajastan, au sud du Népal. De là, je vais sûrement prendre l’avion pour aller rejoindre la fille que j’aime.

À bientôt Laurence! J’ai hâte de te serrer dans mes bras et t'embrasser! Xxx