vendredi 28 juin 2013

Jour 189 : LE DÉBUT DE LA FIN


La nuit à l’aéroport de New Delhi s’est passée exactement comme je pensais : de la bouffe mauvaise à prix criminel, un wine shop fermé et pas d’internet. J’ai donc attendu couché par terre sur le marbre froid avec mon linge sale en guise de matelas, mon loup, mes bouchons pis mes sacs attachés à ma ceinture. Wow! J’étais frais comme un rose en prenant mon vol en direction de Kathmandu, douze heures plus tard! (Ironie) Du haut des airs, je voyais le Népal pour la première fois. Kathmandu est immense!


Quelle joie d’être enfin arrivé. L’air est frais! Il fait environ vingt-cinq degrés et je suis dans un état de grâce malgré la fatigue. Dans moins de douze heures, je vais revoir Laurence et lui faire une surprise pour son anniversaire avec la complicité de Caroline. J’espère qu’elle ne se doute de rien. Arrivé à mon hôtel, j’ouvre mon lit pour dormir un brin avant la soirée festive. Les draps sont moisis. Beurk. Je me couche résigné par dessus et je m’endors aussitôt. Vers l’heure du souper, on cogne à ma porte. Je fais la connaissance de Pascal, l’ami de Caroline. Pour ceux qui ont besoin de savoir qui c’est: on a rencontré Caroline alors qu’on était à Ubud en Indonésie. On a voyagé quelques jours ensemble et elle nous a ensuite quitté pour aller en Inde avec son ami Pascal. Voilà. Je rencontre le gars en question. Très sympathique avec une voix radiophonique en bonus. On est un peu en retard et ma nervosité monte d’un cran. Pascal a pour mission d’aller chercher le gâteau et moi je suis en quelque sorte la cerise.


En entrant dans le restaurant, mon cœur à chaviré. Oui! Ce genre de sensation est typique de l’amoureux. Je me suis ennuyé d’elle… Je la voit de dos à quelques mètres de moi… Avec ses petit cheveux blonds! Ça me fait complètement flipper… Je me sens comme à une première date. Je marche vers elle, tout est au ralenti autour de moi. Je pose mes grosses mains sur ses épaules… Je l’entends frémir. Elle se lève lentement. Nos deux visages sont illuminés. On s’embrasse trop longtemps, sans mots dire, autour d’une tablée visiblement amusée. Caroline est là! Je l’embrasse. Nous nous félicitons de notre conspiration par internet. Elle est belle. Elle a pris du soleil et elle est complètement différente de la Caroline rencontrée quelques mois plus tôt, fraîchement débarqué du Québec glacial.

Je m’assied à côté de mon amour qui m’offre un verre de blanc. Ce fût la plus formidable gorgée de vin blanc du siècle! J’arrive de 26 jours sans boire du vin. J’ai trouvé ça difficile. J’aime le vin. Tout le monde le sait. La bière c’est définitivement plus mon truc. Mais je m’imaginais quand même mal prendre un bon verre de rouge chaud à l’apéro quand il fait 46 degrés et que t’a pas de frigo. Qu’importe! Me voici donc auprès de ma bien-aimée et ce soir, c’est bar ouvert et on mange de la viande rouge! Quelle délicieuse retrouvaille avec Laurence. On dort collée comme si ça faisait une éternité qu’on attendais ce moment. Une belle entrée en matière pour la suite de nos aventures!


Le lendemain, découverte rapide de Thamel, le coin des backpackers de Kathmandu. Il faut dire que je suis estomaquée: la propreté des lieux, le calme relatif dans les rues, la sollicitation beaucoup moins intense mais surtout l’abondance pour le touriste que je suis. J’entre fébrilement dans un supermarché et je m’esclaffe de joie! En m’observant, vous auriez diagnostiqué un léger retard mental. Je m’en fou complètement. Mes yeux se régalent et mes papilles jubilent devant tant d’abondance. La section de vins est bien garnies mais comme j’ai fêté fort la veille, je m’abstient. On doit faire du shopping rapide car Laurence est prête à partir en trek! Direction les Annapurnas! Je m’équipe pour 140$ de faux vêtements North Face. (vous savez ceux dont les coutures tiennent une semaine) Et voilà! On part pour une balade d’une semaine pour atteindre un sommet à 4000 mètres d’altitude. Nouveaux adieux aux amis et direction la montagne. 

Après sept heures d’autobus ultra-confortable, rapide et sécuritaire, nous arrivons à Pokhara. Cette ville a vraiment été un coup de cœur pour moi. Sise sur le bord d’un immense lac entouré de montagne, cet endroit est le temple mondial du Paragliding et aussi un lieu de rencontre pour tout les «passeports brûlés» de ce monde (lire ici un ou une hippie maigre avec des dreds et plein de percing qui fume des cigarettes ou bien des joints) On laisse nos affaires sur place pour être le plus léger possible. J’ai traîné ma grosse caméra jusqu’au bout et je me suis trouvé courageux. Le sac était lourd.


Je ne suis pas expérimenté en trekking mais disons que celle-ci m’a rappelé que j’avais rien foutu en Inde au niveau activité physique. Le temps s’est rapidement dégradée durant notre ascension, si bien que, nous avons décidé de rebrousser chemin à mi-course.  Trempé jusqu’aux os, on se réchauffait en se disant qu’on auras au moins essayé et que la mousson nous avait pris de cours. Dès le lendemain, des rayons de soleil caressaient notre peau. On a changé d’idée et décider de reprendre la route en mettant les bouchées doubles. Mince. C’était la meilleure chose à faire car notre niveau de satisfaction était à son paroxysme quand nous avons atteint «Annapurna Base Camp» La température à cette altitude change très très vite. Après quelques spectaculaires photos, le temps s’est couvert et nous nous sommes repliés vers nos quartiers. Le lendemain matin, c’était la brume et nous avons pris le chemin du retour. En deux jours, nous avons rejoins Pokhara. J’ai trouvé le retour assez difficile. La descente est éprouvante pour les genoux et je l’avoue, j’ai boité et ça m’a pris deux jours pour pouvoir remarcher normalement. J’étais heureux. On a fêté notre réussite en grand. Je conseille à tout le monde d’essayer ça une fois dans une vie. 



Pour moi le Népal c’est un sacré coup de cœur et il sur ma liste pour y retourner dans un avenir proche. Cette fois-ci, j’aimerais essayer le «Everest Base Camp». Avec un entrainement assidu avant de partir, je devrais être en mesure d’y arriver. Autre petit détail non-négligeable. Faire des balades en montagnes, ça coûte la peau des fesses. Pourquoi ? Premièrement le tourisme est la première source de revenu du pays et la majorité sont ici pour se balader en montagne. Deuxièmement, il n’y a pas de route carrossable ici donc tout est apporté à dos d’homme ou de mûles (plus souvent des hommes je vous dirais car être porteur est un métier ici) Donc le coût d’une balade avec permis, transport et nourriture chiffre assez rapidement. Moi qui me disais que la montagne c’était pas trop une place pour dépenser… J’avais besoin de beaucoup de protéines et de glucides pour me fournir de l’énergie, sans compter l’eau… Ça vaut quand même le coût je vous jure. Un des mes plus beaux souvenir de voyage.

De retour à Pokhara, on s’est payé une semaine de vacances. Littéralement. Quelle joie de retrouver de copieux repas à prix doux et l’ambiance très «laidback» de l’endroit. Il pleut et ça fait du bien. Les rues se retrouvent complètement dévastée. Il y a de la bouette partout. J’aime. On se paie une ride de motorbike jusqu’à une rivière lointaine. On a traversé des cours d’eaux, des villages, du terrain mou pour finalement arriver à ce sanctuaire. L’eau y est parfaitement fraîche et bonne. Au loin les montagnes. Personne aux alentours. Imaginez une rivière au Québec avec plein de roche mais plus chaude et surtout que l’on voit tout le fond! L’Eau est clair comme du crystal. Des petits poissons viennent nous chatouiller les orteilles. C’est un moment magique! 


Laurence décide avant de partir de se lancer en paragliding du haut de la montagne. Je ne l’accompagne pas car je n’ai plus d’argent et je me suis découvert une nouvelle phobie : j’ai le vertige. Tout ça à cause de la plongée. Il faut voir les choses du bon côté: qui c’est qui s’est fait photographié par un professionnel gratis durant son expérience? Mon amoureuse! Je la cherchais du regard sur le site d’atterrissage quand soudain j’entendis crier au-dessus de moi. Un tandem faisais de vertigineuses vrilles au-dessus de ma tête. C’était bien elle. Elle avait demandé à son binôme de la faire tourner, elle a été servie. Elle a été un peu malade à l’arrivée mais tout est rentré dans l’ordre! On s’est tape une orgie de légumes grilslé pour notre dernier repas et au petit matin, direction Kathmandu dans un autobus ultra-moderne avec wi-fi et banc auto-masseur. (ironie)

Le dernier jour à Kathmandu était autour du shopping qui s’est résumé à acheter 50% d’un bol métallique typique pour faire une musique de méditation. Je suis également allé faire un dernier tour de photographie de rue. J’ai commencé à développer cette activité en Thailande et franchement, j’y prend goût de plus en plus. J’ai rencontré un jeune homme plutôt sympathique du nom de Binod. Il m’a abordé avec ses copains alors que je prenais une photo d’un grafitti appelant à la démocratie. Il s’est déclaré communiste convaincu et m’a inviter à l’accompagner sur le campus. Nous avons longuement discuté de nos différences culturelles, assis tranquillement sous l’arbre de la santé. Oui je suis très sérieux. Lui et quelques-uns de ses amis viennent souvent s’y recueillir pour prier contre la maladie. Comme ils ne peuvent pas se payer un médecin, tomber malade au Népal signifie souvent un arrêt de mort ou une lourde hypothèque sur tout le reste de la famille. Ça fait réfléchir et je m’émerveille devant ce jeune homme idéaliste. Il me fait penser à moi il y a de cela longtemps. Il deviendra docteur en physique et espère faire comme ses camarades, fuir ce pays qui n’a rien à lui offrir. 


C’est drôle parce que plus je voyage, plus je me rends compte qu’on est bien au Canada... Peut-être même un peu trop bien. Soit on a trouvé la formule magique pour éviter la pauvreté ou bien on vit sur des conditions de vie emprunté sans se rendre compte que nos coûts sociaux sont irréalistes. Mais je ne partirai pas un débat d’idée là-dessus. J’ai déjâ abdiqué. J’ai perdu mes élections. Faisons comme tous les états censés de ce monde et mettons ça sur la carte! Après tout nous sommes riches! Comme aux States. Eux autres ils l’ont l’affaire! Je viens régler un débat de société en claquant des doigts. Binod connais trop bien le crédit mais pour l’heure, il doit retourner en classe. Je quitte le pas léger cette enceinte du savoir en me rappelant pourquoi je voyage. Pour vivre des histoires comme ça.

  
Adieu Népal, ce n’est qu’un au revoir. On s’en va en Europe avec trois avion et on commence notre périple avec presque une bouteille de blanc chacun. Au troisième vol, Laurence ne se sent vraiment pas bien du tout. Merde. C’est sérieux. Notre arrivée à Porto n’a pas été de tout repos. Le taxi de trente euros pour commencer et ensuite notre réservation annulée. Un transfert d’hôtel plus tard, un gentilhomme nous dépose devant l’urgence de L’hôpital. La douleur est franche. Se visage est crispée. Ça ressemble à une crise d’appendicite. Houlala! Ils décident de la garder en observation pour la nuit. Je l’embrasse et je rentre en taxi à l’hôtel. Il fait froid. Je suis exténué et inquiet mais je m’endors aussitôt après un si long périple. Bienvenu au Portugal!

Dave



jeudi 20 juin 2013

JOUR 178: CARTE POSTALE DU NEPAL

Le 30 avril dernier je regardais avec un brin de nostalgie mon copain prendre un vol vers Mumbai que je devais originalement prendre. Deux heures plus tard, je m’envolais aussi, vers Kathmandu, où j’allais être accueillie par Caroline et Pascal. Vous rappelez-vous d’une Montréalaise rencontrée à Bali en janvier dernier? Et bien, on s’adonnait toutes deux à être au Népal en même temps! Elle revient de passer un mois fou en Inde avec Pascal, un bon ami de montréal, et a nettement besoin de répit et de repos, tiens donc! Combien de fois m’a t’elle dit à quel point j’ai pris la bonne décision d’éviter ce pays car le quotidien en Inde ressemble parfaitement à ma description de l’enfer… Chaleur. Chaos. Bruit. Puanteur. Saleté. Arnaque. Injustice et comble de l’enfer, incinération publique. J’ai beau vouloir vivre des expériences étrangères, mon visa indien sera resté vierge dans mon passeport pour cette fois-ci. Je resterai encore ébahie par tous ces gens qui adorent l’Inde, tellement que ces «illuminés» brûlent leur passeport et ne ressortiront pas du pays avant d’être ramenés à la raison par une bonne vieille séance d’électrochocs! Je n’ai pas de regret, au contraire. J’ai lu avec tant d’enthousiasme les derniers récits de David sur le blogue et suis fière de ce qu’il a vécu sans moi car les choses auraient été bien différentes si j’y avais été. Il voulait vivre ces expériences, il aura été servi.

De mon côté, à des milliers de mètres d’altitude, je me suis rapprochée en quelque sorte du paradis (celui décrit par la religion catholique;). Disons simplement que j’avais la tête dans les nuages durant plusieurs jours, au sens propre et au figuré! J’avais besoin d’air frais pour réfléchir clairement à nouveau, l’hiver me manquait possiblement, alors qu’au pays, vous en aviez soupé.

Quatre jours à Kathmandu suffirent pour réserver billet de bus et permis de trek, faire nos achats pour les vêtements et équipement de base avant de prendre la route vers la vallée de Langtang. Débutant par un huit heures de bus ou nous avons dû nous «battre» afin d’obtenir nos sièges réservés spécifiquement à l’avant du bus afin que Caroline ait encore une santé dorsale et que nous ne subissions pas, contre notre gré, un brassage céphalique au second degré. Pascal a malgré tout ajouté sa touche perso à la décoration extérieure du bus en vomissant par la fenêtre! Alors que je regardais le paysage magnifique défiler sous mes yeux, j’ai remarquée également la profondeur abyssale des vallées escarpées et l’étroitesse de la route pour un véhicule aussi gros que le nôtre. J’ai demandé à Caroline si elle avait fait «ses adieux» puisque dès lors, plus rien ne me permettait de croire que nous arriverions vivant à destination. Après une première nuit passée dans le dernier village accessible par voiture à 1460 mètres, nous prenions la trek la plus abrupte pour accéder à un sommet rapidement. Disons que notre rythme fut ralenti entre autre parce que Pascal, conscient de sa condition médicale précaire (du haut de ses 39 ans, il a un défibrillateur implanté au cas ou… :-0») a décidé d’attaquer les montagnes Népalaise avec nous. Je lui lève mon chapeau! 


Notre première journée s’est donc terminée à 2560 mètres, après que Pascal eu payé un bûcheron Népalais en gougounes dix dollars pour porter son sac sur les derniers kilomètres. Nous avons plus tard été accueilli par un unijambiste et sa femme tibétaine dans leur très modeste auberge juchée dans le haut d’une vallée extraordinairement verte et luxuriante, juste à temps pour le couché du soleil. Les murs en bois de la chambre sont tapissés par des articles du Figaro datant de 2003 et une batterie à énergie solaire y est le seul accessoire. On s’est d’ailleurs demandé si la batterie ne se rechargeait pas avec nos appareils plutôt que de les recharger! La cuisine hyper-rudimentaire est suffisante pour que notre hôte nous prépare un festin de pâtes et pizza, arrosé de Chang, un alcool de riz fermenté infecte. Nous passerons quatre nuits en ascension jusqu’à un village d’où nous gravirons des sommets encore plus hauts, en quelques heures de trek. 


Les villages que nous traversons sont relativement bien aménagés pour les trekkers mais les Népalais y vivent aussi une majeure partie de l’année dans des maisons construites de pierres entassées, de bois, de taule, etc… Les habitants sont bien usés par une vie destinée d’abord par leur caste (le système existe malheureusement encore ici mais tend à disparaître) mais aussi par un mode de vie de labeur sans répit dans des conditions extrêmes. Tout le matériel de construction, toute la nourriture, tous les biens, tous les vêtements, les meubles, tout tout tout doit être amené par porteur ou à dos de mule (pour les plus fortunés) dans les villages le long d’un parcours de trente-cinq kilomètres qui atteint 3800 mètres d’altitude. Les plaines rocheuses sont venteuses et froides, le soleil donne une peau cuirée, l’eau pour nettoyer la vaisselle et le linge est glaciale, les nuits humides, ils travaillent aux champs toute la journée, essaient d’attraper les quelques touristes en basse saison pour faire quelques sous avec la nourriture et bijoux vendus mais au final, ils peinent à garder la tête hors de l’eau.
 

La beauté de tout ça c’est que les Népalais sont un peuple magnifique, simple, paisible, souriant et authentique. Ils veulent tellement plaire, ils veulent notre bien et sont très honnête. On voudrait tout leur offrir et eux aussi nous offriraient tout ce qu’ils ont pour nous porter chance sur la route.

Sous le soleil d’été, de village en village, vous les verrez passer les aven, les aventuriers!!!

Durant l’ascension, je fais la connaissance d’un Mexicain, se llama Arturo, guide de montagne de profession, arborant la casquette John Deer, disons que ça attire l’attention! 


Il se joint à notre trio pour les dernières soirées que nous passerons chez l’habitant ou dans des gites très rudimentaires, non chauffés, sans électricité, humides et glaciales, mais qu’à cela ne tienne, nous sommes fous comme des enfants au camp de vacances! On passe nos soirées à bien manger en bonne compagnie, à jouer à des jeux, à faire de nouvelles rencontres et à faire des chaines de massage de mollets oh! combien nécessaires et sommes chanceux d’admirer les étoiles dans un ciel trop souvent couvert au creux des glaciers. Dès la première nuit au village de Kyanjim Gumba qui nous sert de «refuge», Arturo me propose d’aller faire l’ascension jusqu’au camp de base d’un autre sommet avoisinant et grimper jusqu’au «high camp» mais cela implique de m’équiper pour les nuits sous la tente et la grimpe sera enneigée. Je m’endors sur sa proposition, que je ne pourrai finalement pas refuser!

Le guide d’Arturo, toujours saoul sur le Chang, nous déniche le matériel qu’il me manque et nous prenons le chemin vers le «base camp» alors que Caroline et Pascal amorce le chemin du retour avec Raphael et Aurélie, deux Québécois rencontrés sur la route. Je les rejoindrai à Kathmandu dans les prochains jours. Nous plantons donc notre tente à 4200 mètres d’altitude dans un creux de montagne rocheux tout près d’un ruisseau qui puise son eau des glaciers en fonte. Notre première journée s’achève sur une bouffe en sachet de bines à la Louisianaise délicieuse! Nous sommes dans nos sacs de couchage vers 19h30, nous ne nous endormons pas immédiatement car des éclairs déchirent le ciel et enflamment le jaune de notre tente. Le tonnerre résonne avec quelques secondes de délai. Un spectacle de la grande et puissante nature qui nous fait sentir si petits dans nos cocons de plumes. La tempête se poursuit durant la nuit. On se réveille sous un pied de neige bien mouillée et lourde, tout est blanc autour de nous, les montagnes, les vallées, le paysages s’est métamorphosé durant la nuit. La fenêtre de une à deux semaines où les conditions météorologiques sont idéales au Népal pour faire l’ascension de l’Everest est quelque part au mois de mai et nous sommes en plein dedans! Pourtant cette neige annonce autre chose mais, théoriquement, dès que le soleil sera assez haut, il fera fondre le tapis blanc rapidement.


Nous amorçons donc notre ascension d’acclimatation avec des sacs de plastiques dans les bottes, tranquillement, car l’air est mince. Arturo est prudent car il joue aussi le rôle de guide et c’est lors d’une traverse vers le glacier qu’il m’annonce que je ne poursuivrai pas plus haut avec eux. Je ne suis pas équipée et c’est clairement risqué. Quoi??? Mais nous ne sommes même pas rendus à «high camp» et le plan initial devait m’y mener… Arturo ne le sent pas. Règle numéro un: on ne sépare jamais un groupe. Je ne peux pas retourner seule à «base camp» et je ne veux surtout PAS les freiner dans leur montée, pourtant je ne flaire pas de danger, ça me semble tout à fait faisable. Arturo a dû le flairer car après quelques minutes d’attente et d’observation, il me demande si je me sens d’attaque. Oh yes! Mets-en! On reprend donc le chemin, qui n’en est pas un, et traversons dans la neige vers le glacier, à pas prudents. 

Malheureusement, la météo ne sera vraiment pas de notre côté cette journée-là. Après un début de journée sous le soleil, le ciel s’est rapidement couvert et la neige se remet à tomber sur nos têtes. Le vent se met aussi de la partie. Nous devons nous rendre à l’évidence…. Arturo décide de faire demi-tour. Nima, le guide Népalais qui n’a pas mis les pieds sur cette montagne depuis les 10 dernières années et le porteur décident de poursuivre afin d’y laisser un sac et du matériel pour la suite demain!?!? L’ambiance n’est pas qu’hostile côté météo car le guide Mexicain et le guide Népalais ne s’entendent pas sur les règles basiques du mountaineeriing de ne jamais séparer un groupe en montagne. Ils poursuivront alors que nous redescendrons. Incroyable! La différence de climat entre 4850 et 4200 mètres car tout est sec et ensoleillé à notre arrivé au camp! Je fais sécher mes bottes au soleil, prépare un thé et de la soupe en sachet, j’enfile mes gougounes et dézippe mes shorts, le temps est bon, la journée fut mémorable, j’ai les joues chaudes et ma tasse me réchauffe les mains. Quelques heures plus tard j’aperçois au loin nos deux Népalais, dépourvus de sac et d’équipement, ils auront atteint leur but, mais pas aussi haut que prévu… Cette soirée là sera ma dernière nuit à «base camp». Demain je reprendrai la route pour rejoindre mes amis. 

Je me réveille à nouveau sous un pied de neige vierge, bien bien vierge. Je m’enfile deux cafés instantanés, une bouchée de gruau, enfile mes bottes encore mouillées, donne une poignée de main d’argent au porteur et au guide, fait mes au revoir à Arturo et commence ma descente en solo vers le pont et la plaine. L’esprit en paix, la tête remplie, les pieds légers comme un nuage, je flotte sur ma chance de cette rencontre à l’homme à la casquette John Deer. Je lui ai fait confiance, j’ai saisi la perche qu’il m’a tendue avec poigne et je n’ai pas regardé en arrière. Il m’aurait dit «viens jusqu’au sommet avec nous» et j’y serais allée. À chaque drapeau et chaque moulin de prière bouddhiste rencontrés, je lui ai envoyé mes énergies afin qu’il se rendre au sommet, mon ami. 

«Make it to the top my friend, make it to the top.» 


















Les trente-sept kilomètres de descente, je les ai fait en une seule journée. Passant de 4200 à 1400 mètres, sous un soleil de plomb, le sourire fendu jusqu’aux cheveux, j’y ai recroisé Marc-André, un Québécois sur la trotte comme nous, et sa clique de marcheur.
Tous les locaux que je croisais me demandaient d’où j’arrivais et où j’allais. Ils me regardaient avec de grands yeux écarquillés, je marchais voyant défiler les paysages et la végétation qui changeait, les quatre saisons passer en une seule journée. Je cueillais des feuilles de marijuana au passage (qui pousse comme de la mauvaise herbe), ne sachant pas trop ce que j’allais en faire. En cours de route, j’ai dû manquer un virage parce qu’absorbée dans mes pensées. À un certain moment, je me suis rendue compte que le chemin sur lequel je me trouvais ne semblait pas avoir été piétiné par une centaine de marcheurs. Quelque chose clochait. Je remontais de plus en plus m’éloignant de la rivière que je devais traverser. Je devais passer par dessus ou ramper sous des troncs d’arbres, les branches de bambous envahissaient le passage, les feuilles mortes s’étaient accumulées au sol depuis un moment… Oups! Je n’étais clairement pas sur la bonne route, mais depuis combien de temps?

La carte détaillée de la vallée, Caroline l’avait gardée, je n’avais qu’une photo sur mon iphone et une autre carte gratuite possiblement dessinée par un écolier. Les détails manquaient, il était 17h45. Dans moins d’une heure, le soleil serait caché derrière les montagnes et je savais qu’à partir du dernier village passé, j’en avais pour plus de deux heures de marche avant la fin. Pour couronner le tout, mon camel bag était... vide. Plus d’eau. Mon pouls s’accéléra. Mon corps suait et mon cerveau surchauffait. Je me disais à voix haute de rester calme. À un certain moment, j’ai crié de toutes mes forces espérant une réponse. Il n’y avait que des singes. Ok. Quand tu es perdu, retourne sur tes pas, tu retrouveras le bon chemin. C’est ce que j’ai fait, à la course, en descente, sur l’adrénaline pure, comme dans les vues!

Après une vingtaine de minutes de course, j’ai vu l’embranchement manqué. Soulagement. J’avais clairement la tête encore dans les nuages. Pas fière de moi sur ce coup. J’ai repris le bon chemin, toujours à la course, ne sachant pas combien de temps il me faudrait pour atteindre mon but, toujours à sec. Au loin j’aperçois un village. J’y rempli mon «camel bag» directement du robinet, ajoute une pastille de chlore, et me revoilà repartie au jogging avec 1,5 kilos en plus. J’ai finalement terminé ma «balade» une roche en main (au cas où….j’étais seule après tout) sous une lune à peine au quart de sa splendeur, à la lampe frontale, passant le dernier point de contrôle à 20 heures. L’aventure de Langtang tirait à sa fin. Le lendemain je prenais le bus pour un huit heures vers Kathmandu avec la dernière place disponible, à côté du chauffeur, toujours le sourire aux cheveux! Le soir on buvait une bouteille de blanc sur le toit de l’hôtel. Joie!

Le jour de mon 30e anniversaire, le 26 mai 2013, Caroline semblait tramer quelque chose pour ma fête. Je le savais, ce n’était pas un secret, nos amis rencontrés au Népal y seraient, en plus de nos amis locaux... Mais autre chose se mijotait. J’avais l’impression que j’aurais une visite surprise, pas celle d’un clown mal maquillé ou celle de gogoboys à nœuds papillon, mais celle de l’homme que j’aime qui était en Inde. Je ne devais surtout pas me faire d’attentes, car elles pourraient fortement ruiner ma soirée si je me trompais.

Avec mon chapeau conique, mon bindhi et ma jolie robe, Caroline et moi nous rendons au resto alors que Pascal devait aller remplir une mission «concernant quelque chose qui se mange» me disait-ils… Une longue tablée d’une douzaine de convives nous formions au centre de la cour d’un restaurant. Quelles étaient les chances que mon 30e se passe ainsi? J’étais vraiment, vraiment une femme chanceuse!!! Je ne veux pas être rabat-joie mais malgré toute la subtilité, la finesse et les efforts mis pour me cacher le plan, j’ai été «à peine surprise» quand j’ai senti les mains de mon amoureux se poser sur mes épaules!!! Oooooouuuuuiiiiiiiiiii! On s’est embrassé passionnément (évidemment), nous décollant que pour se regarder, tous deux incrédules, et heureux de nous revoir enfin!

Bien joué les amis!! Franchement, j’étais comblée de passer cette journée à des milliers de kilomètres de la maison, entourée par Raphael, Aurélie, Arturo, Gabriela, Pascal, Caroline, Jesus (oui!) Prabin, Marc-André, Gabriel, Annie, Julia…..et David! (la «chose qui se mange» m'a t-on dit!)

L’eau

mercredi 29 mai 2013

Jour 167 : UN MATIN COMME LES AUTRES

Varanasi, midi et quelques.

En me promenant insouciant sur le bord du mythique fleuve que l’on appelle le Gange, un étrange rituel attira mon attention. Un épais brouillard de fumée empli mes narines. L’odeur n’a rien de réjouissant. La chaleur du brasier fait frissonner ma peau. Partout autour de moi, la mort en direct, la vrai, crue et sans détour. Je sue à grosse goutte mais je garde mes petits soucis pour moi. Un jeune homme m’interpelle et jure devant Brahma qu’il ne veut pas de mon argent. Je suis perplexe. J’ai l’impression de m’être trompé de chemin. Aucune caméra n’est permise. Si tu la sors, on la jette dans le fleuve. C’est simple comme dans Respect. C’était donc vrai. Me voici face à une mascarade des plus étranges. Devant moi brûlent des cadavres sur des bûchers improvisés. Je vois clairement une paire de pied qui dépasse d’un bucher et les flammes danser sur les tibias. 

Les corps sont couverts d’un linceul. Le blanc pour les hommes et le rouge pour les femmes. Autour de nous s’activent des travailleurs aux traits fatigués. Ce sont pour la plupart des orphelins ou des hommes de castes inférieures. Aucune femme n’est admise sur le site. La légende raconte qu’une d’entre elle se serait précipitée dans les flammes lors de la crémation de son époux. Depuis, on leur interdit l’accès. La flamme qui sert à allumer le brasier serait l’œuvre des dieux. Elle est conservée depuis trois mille ans à même le bâtiment principal ou l’on procède à l’enregistrement des arrivants. Pendants que je suis extasié, plusieurs cadavres enrobés de couverture colorés sont respectueusement amené par des porteurs dans le Gange pour être «lavé» avant d’être déposé sur le bucher. Par le feu, ils rejoignent les dieux et seront réincarné comme le veut la croyance. De petits talus délimite clairement la caste à laquelle le défunt appartient. La jambe qui brulait s’est détaché du corps et est tombé près du brasier. Moment étrange. Je marche dans les lieux. Des tonnes de bois secs sont transporté chaque heure pour fabriquer les buchers. Des travailleurs exténués dorment à l’ombre près de moi. Des mouches couvrent leur corps. À coté d’eux, des excréments jonchent le sol. La tête me tourne. J’ai chaud pour vrai. Un homme transporte des os carbonisés à l’aide d’une tige de bambou fendue en deux et les jettent dans le fleuve. À côté, des chiens se lèchent les babines et attendent sur le rivage que l’homme rebrousse chemin. Tout près, des enfants se baignent, insouciants. Il paraît que l’on vient de partout en Inde pour avoir le privilège d’être incinéré dans cette ville sainte. Le dernier voyage, le dernier cycle. Le repos éternel de l’âme après le tortueux karma Hindu.

Quoi de mieux par la suite que de se réfugier à l’air climatisé pour oublier les tracas de la vie et la fatalité de la mort. Je m’en vais regarder un authentique film Bollywoodien pour me donner une idée à quoi ça ressemble. J’avais déjâ essayé à Mumbai de tenter l’expérience, mais sans succès. Le film avait l’air plate. Cette fois-ci, j’en ai eu pour mon argent! Un thriller policier autour de deux frères jumeaux séparé à la naissance qui se retrouvent et… bon… je passe les détails… Un scénario mauvais dans le genre, des dialogues à la… En fait, je ne pourrais pas le dire, le film était en Hindi alors… J’ai quand même compris que c’était pas très bon, pas super bien éclairé et que la violence faite aux femme dans la réalité se transpose aussi dans leur cinéma. (L’antagoniste qui frappe sa poule, puis ils s’embrassent et font l’amour… Pfff…) J’ai bien aimé aussi l’incontournable chorégraphie de danse d’hypersexualisation féminine qui complète bien ce film un peu trop long. Bref! La climatisation était sensationnelle pour une salle de cinéma crasseuse. J’ai quand même rencontré des gens sympathiques. On a même eu droit à un court entracte, histoire de laisser les gens aller chercher un popcorn (J’en connais une qui n’aurais pas ratée l’occasion) Retour à la chaleur accablante de la vrai vie : Je décide d’aller boire une bière pour fêter ça!

Assis dans un sous-sol crasseux près d’une génératrice éteinte de la taille d’une voiture, un homme m’offre gracieusement une carotte. Je croque avec vigueur et rinse le tout avec une gorgée de bière. Je devais seulement en prendre une mais je suis tout ému de cette rencontre avec quatres jeunes indiens avec qui j’ai partagé le 5 à 7. Me parlant tous en même temps, je me sentais comme une vedette ou une personnalité importante à une conférence de presse. Un des plus riches immersions que j’ai eu avec des locaux. L’inde a soudainement une âme. La pauvreté sale et misérable fait place à la sympathie et le partage. La bière coule à flot et j’ai envie d’embrasser tout le monde. On se trouve tous mutuellement des bonnes personnes. Après de chaleureuses poignées de main de mes nouveaux amis, ils me quittent sans crier gare car leur temps est compté! J’ai plus un rond et je dois retourner à la maison. J’ai appris plein de nouveaux mots que j’ai aussitôt oublié… Tout va trop vite! Depuis que mes amis sont partis, douze paires d’yeux me regardent finir ma bière en vitesse. J’entend roter à répétition. Je ne sais pas trop quoi faire… Un drôle de moment je vous dis! Ça fait oublier la route qui m’a conduit jusqu’à Varanasi.


Quelques jours plus tôt, J’arrivais à Agra, une grosse ville ordinaire ou se trouve l’une des merveilles du monde. Je devais rester une journée mais ça ne se passe jamais comme prévu ces histoires là… C’est une semaine de fête nationale en Inde (ou l’on célèbre particulièrement plusieurs mariages en même temps) et comme j’arrive un vendredi très tôt, le Taj Mahal est fermé. Impossible de réserver un billet de train pour m’échapper de la ville… Décidément, Pushkar me manque… J’ai donc rester une nuit de plus, visité le Taj Mahal (qui est ni plus ni moins qu’une tombe royale) tout fait de marbre blanc. Vraiment impressionnant mais… Même genre de clique à touriste qu’au Cambodge avec Angkor Vat! La seule différence c’est que j’ai payé mon entrée le prix que j’ai comme budget total d’une journée en Inde! En tout cas… J’ai une belle photo si quelqu’un veux me l’acheter… C’est donc décidé, je part sans billet, sans itinéraire, sans internet en direction de Varanasi… En bus local! Un peu d’aventure me fera le plus grand bien. Bien mal m’en prit... Outre le fait que la route m’a offert un spectacle de désolation, de curiosité et de prix Pulitzer, je n’ai jamais été en mesure de prendre une seule photo. Les bus locaux Indiens sont les pires. Premièrement dépourvu d’hygiène élémentaire, la crasse y est omniprésente. Partout des familles s’y entassent sans climatisation pour plusieurs heures. L’espace entre les bancs était bien insuffisant pour ma grandeur. Je crois bien qu’à la fin du trajet, j’avais les genoux noirs. Complètement déconseillé au touriste à cause du risque élevé du vol, mon sac à dos est à l’avant du bus seul sans surveillance et moi dans le dernier banc en arrière, dans le fond. Surchargé à pleine capacité, les gens ne veulent pas faire la route debout, donc on s’entasse bien serré. Pas de bulle. Mon gros sac caméra sur moi. Rien à faire sinon que de regarder le paysage défiler et les gens qui meuble cet éternel instant d’inconfort. Ça pue et je suis tout mouillé. 

Nous arrivons tard le soir dans une ville nommé Allahmabad. J’ai un mauvais pressentiment. À cause du nom. Ça fait quatorze heure que j’ai rien avalé. Je suis de mauvais poil. Après m’être vu refusé l’accès dans trois hôtel (no tourist allowed) et fait demander entre 75$ et 150$ pour une nuit dans un hotel de touriste plus une dispute avec mon chauffeur de vélo à trois roues, j’ai décidé de retourner à la gare d’autobus après avoir avalé un trio Marahajah Mac au McDo. Je pense que c’est le trio de marde de clown le plus réconfortant que j’ai mangé de toute ma vie. J’ai même bu la liqueur!(Un gros coke sale... Vraiment j'étais en crise d'hypoglycémie) Malade!!! Un employé m’a donné l’information sur le prochain départ. L’espoir renaissait que j’allais bientôt profiter du repos du guerrier. L’autobus arrive. Tout le monde court. Me fais pousser. Je pousse. Tabarnak. C’est la vie ici. Vingt-deux heures et demi après mon départ de Agra, j’arrivais dans ce petit guesthouse au confins d’une ruelle servant de toilette aux habitants de cette gracieuse ville. Bienvenue à Varanasi mon beau! Un douche plus tard, je dormais déjâ sur mon lit fait de bois avec une grande roche plate en guise de matelas. La panne d’électricité hebdomadaire m’a violemment extirpé de mon sommeil. Mon ventilateur avait cessé de fonctionner.

Une autre ville surpeuplée. Plusieurs touristes dans les rues cette-fois ci. Dans le lobby de l’hôtel, j’ai fais la connaissance de Johnny Wu. Un sympathique chinois avec qui j’ai commencé à discuter. Nous avons convenus de trouver un autre guesthouse un tantinet moins crasseux. Et nous avons déménagé ensemble dans une chambre climatisé au cœur de Varanasi, au fond d’une interminable ruelle aux innombrables racoins. Ça a été les deux meilleures nuit de tout le mois de mai. Aimer le soleil et la chaleur à toujours bien une limite... J’ai atteint cette limite. Le Mexique c’est rien à côté de ça. Comme me disais le propriétaire de mon dernier guesthouse (car j’ai déménagé de nouveau) «Tout le monde souffre de la chaleur en Inde, ça fait parti du karma!» Johnny est parti pour Darjeeling. On se retrouve en principe à Pokhara dans quelques jours. J’ai eu un «mancrush» pour ce mec-là. Il incarne un autre visage de la Chine. On discute de pleins de trucs durant ces trois jours passé ensemble. J’ai envie de visiter son pays. On rencontre des touristes japonais à notre guesthouse. Je suis le seul blanc. Tout le monde est jeune et exalté. Je foutais quoi moi, à vingt-quatre ans à ne pas voyager à travers le monde ? Qu’importe!

Je pars aujourd’hui rejoindre Laurence au Népal. Elle ne le sais pas encore... Je lui ai raconté que je poursuivais mon périple jusqu’au début juin mais j’ai tout planifié avec la complicité de notre amie Caroline avec qui elle passe toute ses journées. J’ai bien hâte de la serrer dans mes bras. En attendant, j’ai treize heures d’attente à l’aéroport de Delhi. En espérant qu’ils ont l’internet! Bye bye!
Dondewad!

lundi 20 mai 2013

Jour 159 : QUARANTE-SIX DEGRÉS À L'OMBRE


Rajasthan. 10h22 du matin. Installé confortablement sur mon lit crasseux, je prend du temps pour vous écrire à vous mes parents, mes amis. Il fait salement chaud ici. Je regarde les bouteilles d’eau vide qui trainent sur le rebord de ma fenêtre. Méchante empreinte environnementale. Jamais eu chaud comme ça de ma vie. Je sue juste à taper sur l’ordinateur. L’Asie c’est frais comparativement à ici… Dans la rue, j’entend des cochons couiner. Des sangliers pour être plus précis. Comme dans Astérix. Pourquoi ils sont là ? Je vit dans un monde végétarien maintenant ! Oui je l’affirme haut et fort : La viande c’est mal! Ah oui! Pourquoi ? Parce que les sangliers en question se nourrissent des poubelles humaines, mange de la bouse de vache et boivent et se baignent dans les eaux brunes et vertes des égouts à ciel ouvert dans ma rue. Un jour quelqu’un va débarquer avec un camion, les ramasser un à un et va les vendre en ville aux Chrétiens et aux Hindus! Dégeulasse!!! Je vais faire un «flashback» pour vous expliquer comment j’ai atterri ici, à Pushkar. 

Le temps file à une vitesse folle. Pour ma dernière journée à Mumbai, je décide d’offrir une bière à Usha pour célébrer mon départ. Aussitôt nous nous engageons dans une ruelle étroite et crasseuse. À ma droite, un homme sans connaissance cuve son vin appuyée sur la roue d’un jeep. À ma gauche, un gros rat se faufile dans un trou qui donne sur les égouts à demi-overt sous nos pieds. Pas de doute, on se dirige vers le «English Wine Shop» Une grosse «Kingfisher strong» acheté plus tard, (elle a choisie un budweiser… Allez comprendre… Elle ne l’a pas trouvée très bonne d’ailleurs) Usha me propose d’aller la boire dans la rue. Dommage. J’aimais bien ce coin trash ou les indiens boivent sur place à l’abri des regards. Aussitôt assis dans la rue, un policier fâché nous interpelle. Mon poul commence à s’accélérer. J’aime pas la police. Depuis que je suis tout petit. Tout le monde qui me connais le sait. Mon premier film est assez éloquent à ce sujet. (tsé l’histoire d’un gars qui a plus rien à perdre pis qui tire sur la police… Sacré Tarantino! Tu m’a bien influencé mon coquin!) Mais revenons à nos moutons.

Donc mon poul s’accélère. Le moustachu comme à s’énerver en parler fort en hindi (à ce moment, mes muscles se crispent, j’ai plus le gout de boire) Pendant trois minutes interminable, Usha  argumente avec la police à propos de moi et je ne comprend que dalle, toujours à demander aux 20 secondes : what’s up? Finalement, la police sort son cellulaire, prêt à m’embarquer. Évidemment c’était de la frime. On a donc «régler» l’incident (la police corrompue, vous connaissez?) avec un paiement en liquide. Une piastre et quatre-vingt sept sous plus tard, on est de retour dans la ruelle crasseuse, à rire de l’incident, je me paie une deuxième bière pour fêter ça. Le salaire moyen en Inde est de 8$ par jour pour un policier standard. Ca vous donne une idée comment il était content le monsieur. Si il m’avait embarqué, c’est son supérieur au poste qu’il aurait mis le 1.87$ dans ses poches. Toute la passe du cellulaire était du pipo. Usha me l’a confirmé. J’ai eu ma leçon ! Difficile de s’adapter après quatre mois en Asie (ou tu peux boire partout partout partout!) Je dis au revoir à Usha et je m’embarque dans un train en direction de Udaipur et j’en profite pour poster un paquet remplie de poudre à ma mère (des épices voyons! Arrêtez de pensez croche!) La poste indienne est moins pire que la poste Vietnamienne. (À l’heure ou j’écris cette ligne, mon paquet est déjâ rendu. Ça juste pris deux heures au bureau de poste.)



Après un premier train climatisé glacial (j’ai gelé comme… comme au Québec!) assailli à chaque demi-heure par des vendeurs de bouffe, de thé, alouette! J’Ai transféré dans un train de nuit. Là j’ai eu chaud comme c’est pas possible. Après 18 heures de transport, bien content d’arriver. Udaipur est une ville… tranquille. Je reste dans un hôtel assez loin du centre-ville et de plus, j’y suis le seul client. Après une journée de repos bien mérité, je me risque au centre-ville. Klaxon, pollution, pauvreté. C’est pas long, je commence à être fatigué de tout ça. J’en viens même à arrêter de prendre des photos. Tout le monde veut de l’argent contre une photo. Là je rend compte que le tourisme a aussi des mauvais côtés. Tout les enfant qui quêtent et toutes ces mères monoparentales ont la même réplique. Apprise par cœur. Très difficile de faire abstraction. Mon budget a descendu drastiquement depuis Mumbai. J’en suis à 12$ par jour, incluant les transports. Ça veux dire deux repas. Ça veut dire qu’il faut que j’y pense à deux fois. Ça veut dire que si j’aide tout ceux qui me demande de l’aide, c’est 50$ par jour que je vais donner. Tout ça pourquoi ? Pour que ces gens puissent faire de l’argent et le donner à quelqu’un d’autre.

Donc un message aux touristes au grand cœur et aux grandes poches : Achète des mangues, coupe-les avec ton petit couteau suisse en inox que t’a payé 75 piastres garantie à vie pis partage ton kilo à 85 cents avec le monde dans la rue. Autrement, ils t’amènent dans un commerce avec qui ils sont de mèche et te font acheter de la bouffe trop cher qu’ils vont revendre aussitôt que tu as le dos tourné. Tu veux aider des enfants? Tu veux aider le monde? Il faut que tu donne ton temps et que tu fasse une des activités humaine les plus fondamentale : Prendre en photo ce que tu mange et le poster sur les réseaux sociaux! :D Mais NON! C’est une mauvaise blague!!! L’activité fondamental c’est… Manger! Quand tu voyage, ca prend une autre dimension. On dirait que quand tu es chez vous et que tu mange tout seul, c’est pas grave. Tu es dans ton environnement. Tu as la télé ou l’internet. Tu mange ton plat favori ou bien une marde préfabriqué parce que t’es trop lâche, fatigué… Ici, partager un repas est une activité qui rehausse ton expérience humaine. Barrière de la langue, goûter des nouvelles saveurs, apprendre des coutumes, découvrir, aimer, détester. Bref! Inviter des gens à boire un thé ou à manger, c’est quelque chose de vraiment bien. 

Je suis donc fatigué de toujours me faire demander de l’argent, sollicité pour un service. C’est à croire que je cherche seulement à consommer tout le temps quand je ne dort pas! Une autre mentalité… Perception différente… Finalement… Je suis un peu tanné de la ville. Je m’y sens axphysié. Le chauffeur de tuk-tuk essaie de me «fourrer» pour une ride de trois minutes. Je suis conscient que je dois payer plus cher mais pas dix fois plus cher… Je marche… Je court! J’ai le temps! C’est pas agréable marcher ici. Le trafic, les klaxons, la saleté. Me lave les pieds avant de rentrer ma chambre. La bouffe est infecte à mon hôtel. Ca fait un bout de temps que j’avais pas manger de la viande et me suis dit : à souère mon beau, un poulet masala. Ouin. Le pire masala de ma vie. Il goutais le surit ce poulet. On dira ce que l’on voudra : c’est pas en Inde que j’ai mangé le meilleur de la bouffe indienne. Je dirais plus Kuala Lumpur. Avec Laurence! Tiens! Ma blonde Laurence! J’ai pas eu de nouvelle depuis un bout de temps. Partie faire une balade au pied des neiges éternelles de la région de l’Himalaya. Je m’ennuie. Je décide d’occuper mon esprit en fabriquant mon site internet. Depuis le temps que j’en parle. Il faut bien que je sois à 14 mille kilomètres de chez moi pour faire ça. J’ai du temps le soir! J’ai pas vu beaucoup de touriste. Il y a longtemps que je n’ai pas parlé français. C’est étrange. Décidément, besoin de calme. Je décide de m’enfonçer dans le Rajasthan. Comme j’ai seulement un mois, je dois choisir les lieux avec précaution. Mon chois s’arrête sur Pushkar. Je décolle d’ici!

J’y suis arrivé tard le soir (vous connaissez le indian time? Si on vous dis que vous y serez vers 6hpm, ajoutez 3 heures pour éviter la déception) Comme je mourrais de faim après une journée sans manger, j’ai pris la décision de me faire avoir par un tuk-tuk qui m’a amené directement de la gare d’autobus de Ajmer jusqu’à mon hôtel. Rappelez-moi de faire une critique assassine sur trip advisor concernant le Mewar Inn de Udaipur qui m’a vendu le billet d’autobus en direction de la mauvaise ville. C’était de l’aventure, j’en conviens, mais mon budget a vraiment pas aimé ça. Donc, cet hotel très correct à 3.75$ la nuit inclus aussi une piscine. Ce n’est que trois jours plus tard que j’ai enfin eu la délicate sensation de me baigner dans de l’eau propre dans un climat semi-désertique avec le soleil d’une puissance inquiétante. Pushkar c’est vraiment un endroit que j’adore. Je crois que je vais rester un temps. Une ville sainte comme on dit. Ma première sortie à été un peu désagréable (je me suis perdu en banlieue, arrivé dans un slum, me suis faite suivre et quêter et j’ai finalement trouver refuge dans un quartier résidentiel.) Là j’ai rencontré mon premier ami, Asheem, qui m’a invité dans sa maison et m’a présenté à sa famille. Wow! Une maison indienne. Pour vrai. Son vraiment gentil. Ils me laissent prendre quelques photos mais j’ai pas beaucoup de lumière. Je lui envoie copie par courriel des photos pour le remercier. Ouf! Ce gars-là à sauvé ma première journée. Je soupe à l’hotel car la bouffe y est délicieuse et je me régale de légumes frais (plus capable en sauce!) En carence de légume deuis mon arrivé en Inde, j’ai enfin un réconciliation avec mon estomac. Petit mot en passant sur la bouffe indienne : C’est bon mais après deux semaines, tu m’en reparlera! Toujours la même base d’épice avec des légumes, du pain des patates pis du fromage. Ca devient monotone Il n’y a pas de viande à Pushkar. Pourquoi ? Parce que c’est une ville sainte (fondé par je ne sais plus quel dieu, Vishnou je crois) Alors ici c’est le paradis des végétariens. Je croise d’ailleurs quelques touristes habillés en mou avec des chevelures louches. Je ne dis pas qu’il y a un rapport entre eux et le végétarisme mais disons que la région est propice à ce genre de clientèle. Pas d’alcool non plus. Interdit. Partout dans le centre-ville. Ça commence bien. 


Je part à la découverte du coin. Je me perd dans un quartier mal famé et je me fais harceler, suivre. Je suis au milieu d’un mini-bidonville. Au loin, un grand rassemblement religieux. Les hommes d’un bord, les femmes de l’autre. Autour de deux mille personnes écoute un discours dont j’ignore le propos. Laissez-moi vous dire que le caucasien avec un t-shirt blanc pis une grosse caméra dans les mains ne passe pas inaperçu. Je me retrouve encerclé de jeune. Tout le monde se pousse pour se faire prendre en photo. Je me laisse prendre au jeu (pas vraiment le choix) Cinquante photos plus tard, tout le monde me serre la mains, je me sens comme un grand explorateurs qui fait une série de portraits dans l’inde rurale. Évidemment, personne n’a de courriel (comme mon père) pour que je puisse leur envoyer la photo. Je remercie tout le monde. (En me promettant d’en sortir deux ou trois pour les montrer dans mon exposition.)


Je vous avais pas dit ça ? Laurence et moi, on veux faire une exposition de photographie de voyage (un espèce de vernissage si vous voulez) On veut exposer nos photos et essayer de recueillir des dons (à la discrétion des gens) pour financer la post-production du documentaire qu’on a tourné en Asie. Vous serez donc invité à participer à ce projet et c’est cool parce que vous aurez : A) Une photo de votre choix B) Une copie numérique du film C) Votre nom dans le générique D) Une invitation à l’avant première mondiale du film. C’est génial non? 


Je fais donc la connaissance dans un petite ruelle d’un jeune homme nommé Asheem. Il m’invite à entrer chez lui. À l’intérieur, une mini-usine de textile au rez-de-chaussé et la résidence familial aux étages supérieure. Ils n’ont pas l’air riche mais heureux. On discute un peu et je suis... intimidé. On prend quelques photos et me voici de nouveau parti. Je trouve finalement le centre-ville et me fait apostropher par gens sympathique et aussi… les autres. Je pense que le plus comique à été ce jeune homme qui parraissait fort sympa jusqu’à ce qu’il devienne un peu trop insistant et demande de l’aider à faire un virement d’argent par internet. Je déteste me faire demander de l’argent mais je déteste encore plus me faire prendre pour un con. 



La ville de Pushkar est construire autour d’un… disons un lac dont les berges sont bétonné. Chaque jour, la population viens se purifier dans cette eau infecte que je soupconne de servir de dévidoir pour les égouts de la ville. (Il s’agit là d’un grand paradoxe que de se purifier avec de l’eau d’une saleté indescriptible.) Malgré tout, il semble exister une infrastructure d’écluse et de canaux qui permet d’amener l’eau des montagnes durant la saisons des pluies. Ça permet de changer l’eau du bain. Évidemment, encore là, des touristes fortunés donnent 3000 roupies (60 piastres) à un kid de seize ans qui parle bien anglais pendant cinq minutes pour recevoir un peu d’eau sale sur eux et sur leur noix de coco déséchée et réciter une prière dont ils ne saisissent pas trop le sens. Ils te donnent un bracelet gratuit à la fin. Ah! J’ai pas eu droit au bracelet. J’ai pas embarqué dans la mascarade et j’ai donné 22 roupies au kid pour son temps. Ça valait pas plus que ça. D’habitude, l’argent va dans la boite à donation, pas dans les poches du kid. Il était pas content le petit. Savez-vous pourquoi les gens voyagent en Inde ? Parce que c’est pas cher. Tu peux vivre avec deux cent piastres par mois ici. Tu trouve des chambres entre 2$ et 1000$ dans la même ville. Après quelques photos volés (car c’est interdit de prendre des photos, sauf quand tu paie le gros prix) Je suis allé dans les petites ruelles dire «namasté» au monde. Sympa. J’ai alors rencontré mon deuxième ami.



Son histoire est hors de l'ordinaire. Il s’appelle Ashok et il est exportateur de vêtement et aussi fermier. Il a eu la chance extraordinaire d’être pris en charge par un touriste Allemand. Imagine le scénario de film : (je ne sais pas si c’est vrai mais en tout cas ca vaut la peine d'en parler) Ashok parle peu anglais et travaille pour un patron qui fait des vêtements sur mesure. Il est derrière sa machine à coudre, dans le commerce avec vue sur la rue. Le touriste Allemand (qu’il appelle affectueusement German Father mais que je nommerai GF pour les besoins de l'histoire) s’approche de lui et lui demande si il peut réparer sa chemise qui est déchirée. Bien sûr qu’il répond. Deux minutes plus tard, il lui rend la chemise. GF le remercie et lui demande combien ça coûte ? «Rien» lui répond Ashok. C’est gratuit! GF insiste mais il ne veut rien savoir. Intervient alors le patron de Ashok qui est en colère, demande à l'Allemand de lui donner 100 roupies et en profite pour frapper Ashok. GF est scandalisé. Ça tourne au drame et aux coup. Ashok perd son emploi. Il n’est pas désepéré, il a une ferme familiale ou il fait pousser des oignons. GF lui propose alors d’être son chauffeur personnel pour un road trip de cinq semaines en Inde. Il accepte, tout content. Armé d’un dictionnaire et d’une voiture climatisé, il fait la connaissance de ce touriste qui deviendra comme son deuxième père. il rencontre par la suite la famille de Ashok, visite la ferme, etc. Ashok lui parle qu’un jour, il rêve d’ouvrir sa propre affaire à Pushkar pour aider sa famille. Surtout, le père de Ashok espère qu'il brise le cercle du fermier sans éducation. C'est tellement important de connaitr eune deuxième langue. Je ne le dirai jamais assez...

Le jour de son départ, son« deuxième père» donne à l’aéroport une boîte de chocolat à Ashok. Il lui dit de partager avec sa famille. En ouvrant la boite à son retour, il découvre, caché sous les chocolat, une liasse de 80 000 roupies (1500 $). Estomaqué, il l’appelle pour lui demander ce que signifie cet argent. L’Allemand lui répond qu’il a six mois pour ouvrir son commerce, autrement il doit lui redonner l’argent en entier. Ashok a réaliser son rêve. Il est maintenant un jeune entrepreneur prospère et exporte ses designs et ses créations jusqu’aux Etats-Unis. Et vous savez ce qui est le plus beau dans tout ça ? Quand quelque’un vient à sa boutique pour faire réparer un morceaux de vêtement, peu importe d’ou il vient, Ashok le répare tout à fait gratuitement...

Ça mesdames et messieurs c’est une histoire inspirante. Ça c’est de l’humanité. Il y a encore de l’espoir dans le genre humain avec une histoire comme ça. Depuis, mon ami Ashok me dit que son bonheur il le vit avec sa femme et ses enfants, qu’il n’est pas uniquement obsédé par l’argent (maintenant que ses affaires roulent) et moi je l’admire ce mec là...  On boit un tchai et il se met à me raconter toute sorte d’histoire fascinante sur sa culture. Comme l’histoire des vaches. Un totem pour les indiens. Tout le monde sait qu’une vache sacré en Inde fait ce qu’elle veux, elle mange, chie et s’asseoit ou elle veut et personne ne va l’incommoder. (Ce qui crée quelquefois des embouteillages ou des incidents malheureux comme un touriste en gougoune qui pille dans un tas de m...) Ils prélèvent aussi le lait de la vache et la peau (Shut! Pas tout le monde le fait mais le cuir a une bonne valeur de revente) quand elles meurent. (Pas d’abattoir ici, que de la mort naturelle) Bon, elle mangent dans les poubelles aussi alors je regarde toujours deux fois mon thé tchai au lait avant de le boire…  Et la carcasse que devient elle ? Ni plus ni moins qu’un festin pour les chiens. Quand il y a en une qui trépasse, toute la communauté canine fait un gros festin. C’est fou quand on y pense.

Ashok décide de m’amener dans un restaurant en dehors de la ville ou on peut manger du poulet et boire de la bière. Assis dans un jardin avec vu sur les montagnes. On boit de la bière en cachant les bouteilles sous la table (Pour ne pas mal paraître face au gens qui passent dans la rue et qui pourrait nous voir et nous juger) On a mangé notre souper éclairé à la flashlight de mon téléphone. Ça c’est des moments précieux de voyage. Le lendemain, j’ai partager un lunch avec lui et ses amis, employé, commercants. Assez basic mais somme toute intriguant. On s’asseois par terre sur le plancher de la «shop», tout le monde sort des cylindre d’aluminium dans lequel il a des sauces et et du pays qui ressemble à des pitas nommé «chapati». Les sauces sont faite par les épouses des gars en question. En Inde, un gars qui va travailler se fait préparer son lunch par sa femme (comme dans le bon vieux temps ici ;) Honnêtement c’était pas extraordinaire. Le seul légume auxquel on a eu droit était un oignon rouge cru avec du sel pis du poivre. Les sauce était remplie de patate, de poix et de mais. Le moment était plus féérique que le repas. De voir ces indiens sur leur heure de dîner, rigoler et se raconter des histoires en Indu. Pur délice. Je me demande pourquoi je quitte cette ville…

Merci pour tout mon ami. Je suis parti le lendemain après une dernière baignade à mon hôtel et une solide poignée de main à mon ami Ashok. J’ai enfin rencontré des touristes, dont un belge. Ça faisait un bail que je n’avais pas parlé français. Un dernier coup d’œil en ville. Un peu de shopping pour ma belle Laurence. J’ai d’ailleurs eue des nouvelles de cette charmante jeune demoiselle. Elle se porte à merveille au Népal, au grand air avec ses amis du Québec. Tiens, me fait encore offrir du hash à fond la caisse. Faudra que j’essaie un spécial Lassi avant de quitter le pays. Fumer est hors de question pour moi mais boire… mmmh… Peux-être que je me laisserai tenter. Je veux juste pas faire ça tout seul… Nous verrons bien. En attendant, direction le Taj Mahal baby!



Merci David Vachon de m’avoir inspiré à écrire ce post!



A+! J'adore cette dernière photo :) Je l'ai intitulé: «Take home hapiness»