Je suppose, naïvement, que
toute personne regardant avec désir, des images de Railey Beach et les environs
auraient aussi, naturellement, des attentes face à cette beauté de lieu
terrestre. Les photographes et éditeurs savent cependant comment s’y prendre
pour tronquer la réalité et l’embellir, bien certainement! Ne vous méprenez pas
cependant, le lieu est effectivement paradisiaque, mais à mon premier regard,
j’étais disons, déçue…
David, ayant déjà exploré
certains territoires de la Thailande l’année précédente, n’avait jamais mis
pied à Railey, ni Tonsai Beach, sa voisine, mais en avait tant entendu parler
par ses amis et devait donc les découvrir. Après avoir reçu conseil d’une amie
québécoise grimpeuse à budget (pléonasme, je suppose hahaha!!), nous devions
nous diriger vers Tonsai plutôt que vers Railey, trop cher pour la moyenne des
backpackers! En quittant Koh Lanta par un ferry de 2h, nous avons transféré
vers Tonsai Beach via un long tail boat.
Seulement 3 couples à bord avec nous. Le reste des gens allaient vers Railay,
ça promettait!
Ces majestueux rochés
couleur sable se détachant des montagnes nous donnaient un panoramique
grandiose, un désir de les gravir. Malgré le fait que Railey soit sur la terre
ferme, c’est un endroit qui n’est accessible que par bateau. La plage de Tonsai
ne dépassait pas un kilomètre de long et est séparée de Railey par une falaise
escarpée et par la jungle, que nous avons traversé, un soir, à la lampe
frontale. La profondeur du village de Tonsai est négligeable et drôlement
construit : un chemin circulaire dont le centre est vide. Une plage
déserte il y a quelques années à peine qui est maintenant prise d’assaut par le
tourisme d’aventure.
Sans avoir de réservation
en cette haute saison, nous décidons de faire du « porte à porte »
pour le plus abordable…donc disons-le : le plus cheap en
l’occurance! Pour notre budget actuel, nous trouvons un trou pour 14$ (soit 400
Baht). Quand je dis un trou c’est parce qu’à ce moment là, mes attentes étaient
bien hautes, puisque tant vantées par les magazines et voyageurs (je suppose
que ce genre de guesthouse ne fait pas partie des must see !)
Mon moral tombait à zéro! Un bungalow (pas un bungalow comme ceux à
Loretteville ou Beauport là!!) un bungalow carré surélevé fait de paille, avec
galerie en bois, un lit (voire une dalle de béton couvert d’un drap bleu), un
moustiquaire, un fan, toilette turque (un trou entouré de céramique blanche au
dessus duquel on doit s’accroupir et flusher avec une chaudière d’eau, c’est
ben la mode apparemment!). Papier de toilette et serviettes non fournies. What a deal!
Chanceux que nous sommes parce que nous avons une douche avec pression. ;) Ils
ont clairement tournés les coins ronds puisque le drain de l’évier manquant,
l’eau (et tout le reste) nous tombe donc directement sur les pieds! Ah!
J’oubliais, pas d’électricité entre sept heure du matin et six heure du soir.
Fouin pouin pouin pouin…. La lune de miel est bien loin! Hahahahahah!
La tête basse on s’en va noyer notre (ma)
déception au rhum sur la plage pour le coucher du soleil. Tout ça rend les
idées beaucoup plus floues et c’est parfait! Je me ramolie et je me détend pour
ainsi en rire et me dire qu’anyway, on passera pas de temps dans la chambre,
c’est pas le but ici! Après le fond de rhum, on en rajoute avec de la bière,
mon but est de m’endormir solide pour ignorer la crassitude de la chambre!
(sorry mom and dad ;)
Alors que nous sommes au
Minimart, je reconnais un couple (Leo et Ingirt) qui était à bord du long tail boat avec
nous, on commence à jaser et décidons de partager le repas pour continuer le
flot de paroles échangées entre David et Leo. Ils forment un couple
d’Israéliens dans la cinquantaine, voyageant pour la 3e fois en
Thailande, ou ils se sont rencontrés il y a vingt-cinq ans! Je ne veux pas trop
en dire sur ce blog mais David joue les « innocent » et profite du
fait que Leo a la jasette facile et une vie fascinante à raconter. Disons que
notre réalité diffère grandement de la leur. Après avoir fait leur service
militaire obligatoire, Leo étant technicien médical et Ingirt officier, ils se
sont offerts pour être fermiers et vivre dans un Kibbutz, une communauté plus
ou moins grande ou les édifices communs sont centraux et les maisons des
membres construites autour. Sans statut social défini, la propriété privée
n’existe pas et toutes les décisions sont votées une fois semaine par l’ensemble
des membres. Même l’argent reçu par un tiers est rendu au Kibbutz et leur
voyage en Thailande a été voté par la communauté! Leurs enfants de dix-sept et
vingt ans font présentement leur service militaire. Il passerait la nuit à nous
parler de sa vie, son pays, sa communauté, son rôle, de comment la guerre règle
les problèmes, même les plus petits… Fascinant!
Plus tard, sur la plage,
alors que nous sommes enjoués d’entendre et voir les feux d’artifices exploser
et éclairer la plage, le couple se tend et craint un instant le pire.
Les cicatrices du passé
sont évidentes et pas si lointaines, ils nous en parlent le plus naturellement
du monde. Quelle rencontre!
Le lendemain nous prenons
le bateau vers les falaises au large pour une journée de Deep Water Soloing,
a.k.a. de la grimpe sans corde, sans ancrage, sans sécurité, au dessus de
l’eau! David s’est aussi enrôlé malgré sa crainte des hauteurs, BRAVO! Nous
grimpons en s’accrochant à la paroie rocheuse et, une fois rendus assez haut ou
incapables d’escalader davantage, nous nous jetons dans les eaux turquoises! De
mon côté je me suis arrêtée à plus ou moins sept mètres. Une journée magnifique
avec des gens et des lieux magnifiques, comme je les aiment.
Lo
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