dimanche 24 février 2013

JOUR 63: GREAT EXPECTATIONS

Je suppose, naïvement, que toute personne regardant avec désir, des images de Railey Beach et les environs auraient aussi, naturellement, des attentes face à cette beauté de lieu terrestre. Les photographes et éditeurs savent cependant comment s’y prendre pour tronquer la réalité et l’embellir, bien certainement! Ne vous méprenez pas cependant, le lieu est effectivement paradisiaque, mais à mon premier regard, j’étais disons, déçue…

David, ayant déjà exploré certains territoires de la Thailande l’année précédente, n’avait jamais mis pied à Railey, ni Tonsai Beach, sa voisine, mais en avait tant entendu parler par ses amis et devait donc les découvrir. Après avoir reçu conseil d’une amie québécoise grimpeuse à budget (pléonasme, je suppose hahaha!!), nous devions nous diriger vers Tonsai plutôt que vers Railey, trop cher pour la moyenne des backpackers! En quittant Koh Lanta par un ferry de 2h, nous avons transféré vers Tonsai Beach via un long tail boat. Seulement 3 couples à bord avec nous. Le reste des gens allaient vers Railay, ça promettait!

Ces majestueux rochés couleur sable se détachant des montagnes nous donnaient un panoramique grandiose, un désir de les gravir. Malgré le fait que Railey soit sur la terre ferme, c’est un endroit qui n’est accessible que par bateau. La plage de Tonsai ne dépassait pas un kilomètre de long et est séparée de Railey par une falaise escarpée et par la jungle, que nous avons traversé, un soir, à la lampe frontale. La profondeur du village de Tonsai est négligeable et drôlement construit : un chemin circulaire dont le centre est vide. Une plage déserte il y a quelques années à peine qui est maintenant prise d’assaut par le tourisme d’aventure.

Sans avoir de réservation en cette haute saison, nous décidons de faire du « porte à porte » pour le plus abordable…donc disons-le : le plus cheap en l’occurance! Pour notre budget actuel, nous trouvons un trou pour 14$ (soit 400 Baht). Quand je dis un trou c’est parce qu’à ce moment là, mes attentes étaient bien hautes, puisque tant vantées par les magazines et voyageurs (je suppose que ce genre de guesthouse ne fait pas partie des must see !) Mon moral tombait à zéro! Un bungalow (pas un bungalow comme ceux à Loretteville ou Beauport là!!) un bungalow carré surélevé fait de paille, avec galerie en bois, un lit (voire une dalle de béton couvert d’un drap bleu), un moustiquaire, un fan, toilette turque (un trou entouré de céramique blanche au dessus duquel on doit s’accroupir et flusher avec une chaudière d’eau, c’est ben la mode apparemment!). Papier de toilette et serviettes non fournies. What a deal! Chanceux que nous sommes parce que nous avons une douche avec pression. ;) Ils ont clairement tournés les coins ronds puisque le drain de l’évier manquant, l’eau (et tout le reste) nous tombe donc directement sur les pieds! Ah! J’oubliais, pas d’électricité entre sept heure du matin et six heure du soir. Fouin pouin pouin pouin…. La lune de miel est bien loin! Hahahahahah!

La tête basse on s’en va noyer notre (ma) déception au rhum sur la plage pour le coucher du soleil. Tout ça rend les idées beaucoup plus floues et c’est parfait! Je me ramolie et je me détend pour ainsi en rire et me dire qu’anyway, on passera pas de temps dans la chambre, c’est pas le but ici! Après le fond de rhum, on en rajoute avec de la bière, mon but est de m’endormir solide pour ignorer la crassitude de la chambre! (sorry mom and dad ;)

Alors que nous sommes au Minimart, je reconnais un couple (Leo et Ingirt) qui était à bord du long tail boat avec nous, on commence à jaser et décidons de partager le repas pour continuer le flot de paroles échangées entre David et Leo. Ils forment un couple d’Israéliens dans la cinquantaine, voyageant pour la 3e fois en Thailande, ou ils se sont rencontrés il y a vingt-cinq ans! Je ne veux pas trop en dire sur ce blog mais David joue les « innocent » et profite du fait que Leo a la jasette facile et une vie fascinante à raconter. Disons que notre réalité diffère grandement de la leur. Après avoir fait leur service militaire obligatoire, Leo étant technicien médical et Ingirt officier, ils se sont offerts pour être fermiers et vivre dans un Kibbutz, une communauté plus ou moins grande ou les édifices communs sont centraux et les maisons des membres construites autour. Sans statut social défini, la propriété privée n’existe pas et toutes les décisions sont votées une fois semaine par l’ensemble des membres. Même l’argent reçu par un tiers est rendu au Kibbutz et leur voyage en Thailande a été voté par la communauté! Leurs enfants de dix-sept et vingt ans font présentement leur service militaire. Il passerait la nuit à nous parler de sa vie, son pays, sa communauté, son rôle, de comment la guerre règle les problèmes, même les plus petits… Fascinant!

Plus tard, sur la plage, alors que nous sommes enjoués d’entendre et voir les feux d’artifices exploser et éclairer la plage, le couple se tend et craint un instant le pire.
Les cicatrices du passé sont évidentes et pas si lointaines, ils nous en parlent le plus naturellement du monde. Quelle rencontre!

Le lendemain nous prenons le bateau vers les falaises au large pour une journée de Deep Water Soloing, a.k.a. de la grimpe sans corde, sans ancrage, sans sécurité, au dessus de l’eau! David s’est aussi enrôlé malgré sa crainte des hauteurs, BRAVO! Nous grimpons en s’accrochant à la paroie rocheuse et, une fois rendus assez haut ou incapables d’escalader davantage, nous nous jetons dans les eaux turquoises! De mon côté je me suis arrêtée à plus ou moins sept mètres. Une journée magnifique avec des gens et des lieux magnifiques, comme je les aiment.

Lo

 

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